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AU PAYS DES TEUTONS

ALLEMAGNE - 3 SEMAINES - 1127 KILOMETRES

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  • La ville de Kûstrin-Kielz est la continuité de la ville polonaise de Kostrzyn. Avant la seconde guerre mondiale c'était une ville totalement allemande.

Les formalités de police sont réduites à leur plus simple expression. La proximité de l'entrée de la Pologne dans l'Europe y est certainement pour quelque chose.

L'Oder franchie nous sommes toujours dans une zone triste. Ce n'est que quelques kilomètres plus loin que de coquettes maisons bordent la route. Elles sont pour la plupart grandes et logent plusieurs générations de la même famille. Les jardins sont fleuris.


  • A Seelow nous avons parcouru 80 kilomètres depuis ce matin. Les fesses sont sensibles et la fatigue nous pèsent sur les épaules. Un hôtel 3 étoiles nous demande 80 € et ne peut garer le tandem et la remorque en sécurité. Nous reprenons la route mais nous n'allons pas loin. Bernadette a en effet repéré un panneau qui indique des zimmers Nous y sommes accueillis par un couple affable dans la trentaine. La chambre est à 26 € petit déjeuner compris. Après la douche le couple nous offre une bière et des cacahuètes, pistaches et gâteaux salés.

En ce 21 août le temps est splendide. Le soleil est levé depuis longtemps dans un ciel d'azur. Nous prenons le petit déjeuner installés au jardin. Bernadette a ses confitures beurre et tartines. Le café est léger mais il semble que dans cette partie de l'Europe on ne sache pas le faire autrement. Je suis gâté. J'ai des tranches de saucissons d'autruche (celles-ci sont élevées par le logeur qui a aussi une ferme). Il transforme les volatiles en charcuterie et boucherie. Les peaux et plumes deviennent objets de décoration. On me sert aussi du fromage et une omelette qui est curieusement broyée et servie dans un bol.


  • Nous avalons nos dernières bouchées lorsqu'un jeune homme vient voir le propriétaire. Ce dernier nous avise que c'est un journaliste qui vient faire un article sur notre voyage. Nous acceptons de bonne grâce d'autant que l'on nous promet de nous faire parvenir l'article et la photo par e.mail.
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  • Tout ceci nous a un retardé. Il est 10 heures lorsque nous démarrons pour essayer de gagner Berlin. Pour ne pas perdre davantage de temps à Münchenberg nous achetons de quoi pique niquer à midi. Nous le prenons confortablement installés dans une allée forestière.

La route depuis que nous sommes en Allemagne est souvent doublée de pistes cyclables. Même si nous allons moins vite nous nous y sentons plus en sécurité que sur le bord de la route.

  • Sur les collines environnantes des éoliennes tournent lentement. Nous ne trouvons pas qu'elles dérangent dans le paysage. N'y avait-il pas jadis des moulins à vent dans les campagnes ?


Lorsque nous arrivons dans les environs de Berlin nous sommes fatigués depuis longtemps. Nos jambes nous semblent être en coton. Le camping se trouve au sud est de la ville. Pour y arriver il nous faut contourner plusieurs quartiers. La superficie permet largement de recevoir les résidents à l'année (qui sont les 2/3) et les passagers. De nombreux emplacements sont libres. Nous dînons rapidement avant de nous endormir comme des loirs.

  • Berlin

  • Nous décidons de rester quelques jours pour visiter et nous reposer.


Pour aller à Berlin il nous faut prendre le bus, un tramway puis deux trains. Nous arrivons dans le centre (anciennement est) à l'Alexander Place. Nous suivons le boulevard Under den Liden en direction de la Porte de Brandebourg. En chemin nous admirons les nombreux bâtiment construits avant la seconde guerre mondiale. Pendant cette guerre ils ont été pour la plupart endommagés et laissés longtemps à l'abandon pendant l'ère communiste. Une partie est rénovée mais de nombreux chantiers sont en cours. Nous sommes heureux de pouvoir passer sous la porte de Brandebourg sans voir cet hideux mur qui en empêchait l'accès en 1982 lorsque nous étions venus à Berlin ouest. Tout près se trouve le Bundenstag surmonté de sa célèbre verrière. Nous n'y entrons pas (une file de plus de cent personnes nous en dissuadant). Sur le retour vers l'Alexander Place nous prenons un bateau promenade. Pendant une heure nous naviguons sans rien comprendre aux commentaires en allemand.  Sans chauvinisme nous pensons que les ballades en bateau à Berlin n'ont rien à voir avec celles faites en bateau mouche à Paris. Les berges et les bâtiment n'ont pas du tout les mêmes attraits.
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  • C'est plus fatigués que par une longue étape à tandem que nous reprenons les divers moyens pour revenir au camping. A la sortie du tramway le dernier bus est parti depuis un moment. Nous devons faire les trois kilomètres à pieds et dans le noir. Un moment Bernadette accroche un pied dans une racine et chute. Elle ne s'est pas fait mal mais ses lunettes ont été projetées devant elle. Nous cherchons un bon moment en faisant attention de ne pas marcher sur les précieux bésicles.


Six jours nous ont permis de nous reposer. Pendant cette halte nous n'avons pas eu de contacts réels avec les allemands, notamment avec ceux qui ont des caravanes et bungalows comme résidences secondaires. Le handicap n'est pas seulement la langue mais l'esprit. Ils entretiennent leurs petites parcelles de terrain avec amour et jalousie. Leur vie est réglée avec un métronome. La plupart sont d'âge avancé et retraités (il y a aussi quelques quinquagénaires). Ils passent l'essentiel de leur temps à bichonner leurs homes. Ventripotents, tant les hommes que les femmes, ils ne font pas d'effort. Pour aller aux sanitaires ils prennent leurs vélos ou plus amusant leurs tricycles. Certains se laissent doucement aller sur des trottinettes à moteur électrique. Parmi tout ce monde nous nous sentons très isolés avec notre tandem et notre remorque.
Nous sommes heureux de reprendre la route et de laisser derrière nous cette race (fière) en voie de dégénérescence.


  • Nous longeons les quartiers sud de Berlin en direction de l'ouest. Le plus souvent des pistes cyclables (parfois au mauvais revêtement) nous permettent de circuler en dehors de la route.  La région boisée nous permet de rouler à l'abri du vent. Vers 18 heures nous trouvons dans une foret un lit de mousse pour y poser la tente.

29 août. Les jours deviennent plus frais et les ondées plus fréquentes. Cette nuit la pluie a débutée à 4 heures. Elle persiste jusqu'à 10 heures. Sous les sapins les gouttes d'eau accrochées aux aiguilles, bougées par le vent tombent en grosses gouttes bien après l'averse. Nous essuyons à plusieurs reprises la toile avant de la plier. Nous ne partons pas avant midi. A 16 heures une grosse pluie d'orage nous travers en quelques minutes nos vêtements. Hier en quittant Berlin nous avons perdu une cape. Aujourd'hui (bêtement), ni Bernadette , ni moi ne voulons enfiler la cape restante. Nous trouvons enfin dans un village une zimmer. Elle nous est proposée à 50 €. Bernadette l'obtient à 37,50 € avec le petit déjeuner. Le logeur à l'évidence profite de la situation.


  • Perte ce connaissance


  • Vers 22 heures 30 alors que je suis aux toilettes (à uriner) je chute au sol ou je reste deux à trois minutes. Bernadette réveillée par le bruit vient m'aider à me relever. Elle se sent à son tour incommodée et vacille tout en gardant ses esprits. Allongée elle retrouve son état normal en quelques minutes. Qu'avons nous eu ? Nous optons en ce qui me concerne à de la fatigue qui m'a fait me rendormir alors que j'étais debout. Pour Bernadette certainement l'émotion de me voir tomber et rester sans connaissance.

Le prix de la prestation nous semblait élevé. Pour le petit déjeuner le propriétaire à notre avis pris de remords nous concocte une table garnie pour au moins cinq personnes. Nous mangeons tout ce que nous pouvons avaler.


  • Nous roulons sous un ciel toujours menaçant et lourd. C'est dommage car la région parsemée de petites forets de conifères est agréable. La route est plate. Si nous n'avions pas le vent de face (depuis Varsovie) ce serait très bien. Nous regrettons l'attitude des habitants qui nous regardent sans un bonjour. Pire, ils ne répondent même pas aux notres.

En fin d'après-midi nous campons à la lisière d'un bois. L'herbe haute nous fait un tapis de sol. A peine la tente montée la pluie se met à tomber. 


  • Au matin pendant que nous plions un allemand qui promène son chien passe près de nous. L'homme a la quarantaine. Il a à l'évidence envie de parler. Pour une fois que cela se produit nous l'aidons dans sa démarche. Nous arrivons à force gestes et en lui montrant l'itinéraire parcouru mentionné sur les flancs de la remorque à lui raconter un peu notre aventure. Il semble ébahi. Voyant qu'il nous retarde il nous quitte, non sans nous avoir souhaité bon voyage.

A Magdebourg nous espérons trouver un hôtel ou une zimmer afin de nous reposer. Les prix des hôtels dépassent 100 € et nous ne trouvons pas de zimmer Dommage, la ville mériterait une journée de visite. Perdus nous devons demander notre route. Celle-ci nous fait revenir en arrière. Nous trouvons enfin la direction de Hanovre. A la sortie de Magdebourg nous nous installons sur une promenade herbeuse (à l'abri des regards derrière un bosquet). Ce soir encore nous avons la pluie. Bernadette se couche tôt. Un de ses genoux est enflé et lui fait mal.


  • Au matin nous sommes tout courbaturés (sans doute à cause de la fatigue et de l'humidité accumulées). Le genou de Bernadette a un peu désenflé mais est toujours douloureux. Je lui propose de poser les pieds sur le cadre et de ne pas pédaler. Je me fais copieusement engueuler. Nous sommes deux sur le tandem dit-elle. A chacun sa part d'effort. En roulant j'entends des plaintes refoulées et réitère ma proposition qui provoque une nouvelle colère.

A 14 heures 30 nous nous arrêtons dans un petit restaurant tenu par des kurdes. C'est propre bon sympathique et pas cher. Nous nous reposons des averses et du vent qui nous arrivent en pleine face. Le patron et sa femme ayant vu les inscription sur la remorque s'intéressent à notre voyage (notamment le passage en Turquie).


  • Les villages se succèdent sans hôtel (ou alors ils sont complet ou fermés). Nous trouvons enfin une chambre à 62 € avec petit déjeuner. Nous sommes tellement fatigués que nous prenons. De plus le genou de Bernadette est à nouveau enflé. La douche est un véritable bonheur. Il n'y a pas de restaurant nous dînons de ce que nous avons dans la remorque. La télévision n'a pas de chaînes françaises. Tant mieux nous dormirons plus vite.

Bernadette veut reprendre la route. Le copieux petit déjeuner va nous permettre de faire l'impasse du déjeuner. Avant de partir nous écrivons à la demande de la patronne de l'hôtel (qui dit avoir pour la première fois des aventuriers de notre genre) nos impressions dans son livre d'or. C'est gentil mais nous aurions préféré qu'elle nous casse le prix de la chambre en deux.


  • Les premiers kilomètres sont à la limite de la torture pour Bernadette. Ce n'est qu'n arrivant à Helmstedt qu'elle sent ses muscles se réchauffer. Sur renseignements nous trouvons un camping mais à cinq kilomètres de la ville. Comme à Berlin (mais en plus petit) c'est un camping de résidents. Certains emplacements sont engazonnés (à l'anglaise), bordés de fleurs et surtout entourés pour éviter tout intrusion. Un couple a même un chien (un dalmatien) et un chiot en porcelaine. Pour plus de réalisme  les animaux sont pourvus d'une laisse et attachés. La place dévolue aux personnes de passage se limite à 2500 mètres carrés. Comme la saison estivale est terminée nous y sommes seuls.
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  • La route passant près du camping est bruyante. Bernadette s'est bouchée les oreilles pour la nuit. La température fraîche nous fait nous serrer l'un contre l'autre.


Un restaurant est tout près du camping. Nous voulons y déjeuner mais la carte est exclusivement en allemand. Nous comptons sur le serveur pour nous aider. Il ne fait aucun effort. Tant pis nous ne mangerons pas là. Alors que nous sommes dehors nous le voyons se moquer de nous avec des clients allemands. Bonjour l'accueil.

  • Les allemands sont plein de suffisance. Ils se prennent pour les seigneurs de l'Europe. Ils ne font aucun effort pour se mettre à la disposition de l'étranger qui vient visiter leur pays. Dans le camping et en tous lieux nous ressentons cette arrogance aryenne. Cette dernière est décuplée par la décadence. Les voir, dans leur petit coin de camping avec leurs installations alambiquées, leurs petites pelouses, leurs animaux postiches nous rendent tristes. La race des ex-maîtres de l'Europe est descendue si bas que l'on dirait parfois une race de demeurés.


Deux jours de repos ont fait du bien aux genoux de Bernadette. Ils ne sont plus gonflés et elle ne souffre plus.

  • Dans les environs de Braunshweig nous plantons la tente près d'un canal sous les frondaisons. Des péniches lourdement chargés de sable, charbon et autres marchandises passent à intervalles réguliers. C'est aux ronrons des moteurs que nous dînons et nous endormons.


Trois jours plus tard nous sommes à Rimeln. Nous sommes ébahis par la beauté et la conservation des maisons. L'architecture remonte au XIV et XVème siècles. Nous y restons un journée par plaisir. Nous y achetons aussi deux belles capes cyclistes.
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  • Les capes sont étrennées entre Rimeln et Oeynhsnem. La pluie tombe pratiquement toute la journée. Il n'est pas question de faire du camping. Nous trouvons une chambre d'hôtel pour 50 €. Au sec nous profitons de TV5 pour connaître les nouvelles françaises et internationales. Hélas ce ne sont que guerre, attentats etc...


Le lendemain la journée est encore ponctuée d'averses (parfois violentes). Nous nous abritons un moment sous un auvent d'arrêt de bus. Nous en profitons pour sortir nos casse croûtes. Des odeurs putrides nous passent par instants sous le nez sans que nous en trouvions la cause. Aux dernière bouchées de son sandwich Bernadette me dit savoir d'ou cela vient. Elle me montre un chien écrasé resté sur le bord de la route dont il reste un peu de viande sur les os. Les odeurs nous arrivent  au gré des rafales de vent. Nous quittons rapidement notre abri malgré la pluie qui redouble.

  • Vers 16 heures les terrain sont gorgés d'eau. Un camping sauvage n'est pas envisageable. Après plusieurs villages nous trouvons à Oster Cappeln un hôtel  aux chambres à 70 €. Nous n'avons pas le choix.


La nuit a été bonne. Pour le petit déjeuner nous nous asseyons près d'un petit buffet garni de charcuteries, fromages, pain, beurre, confitures, miel, nutella, crudités. Nous sommes surpris lorsqu'on nous dit que c'est notre table. En fin de petit déjeuner on nous apporte une omelette pour deux. Je la mange seul. Nous pouvons partir sans nous tracasser pour le repas de midi.

  • A peine avons-nous parcouru deux mètres que la manette du changement de plateaux se fend en deux. Heureusement j'en ai une en réserve.


Les trois derniers jours suivant avant la frontière sont sans grand intérêt.


C'est sans nous retourner que nous quittons l'Allemagne.
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