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TRAVERSEE DE LA FRANCE

FRANCE - 3 MOIS - 2539 KILOMETRES

  • Samedi 6 avril 2002. Nous peinons à monter la cote de notre village, La Cornillère, pour nous rendre au bourg de la La Haye Fouassière. Il est déjà 9 heures 15.

Nous avons donné rendez-vous aux habitants de la commune et des sympathisants de notre projet afin de leur dire au revoir devant un petit buffet, muscadet, jus de fruits, gâteaux secs et petits beurres LU (l'usine, toute proche, est installée sur la commune).

  • Lorsque nous entrons dans la salle polyvalente, poussant le tandem attelé de la remorque il n'y a pas encore beaucoup de monde. Nous installons le matériel en vue de sa présentation aux personnes présentes et au correspondant du journal OUEST FRANCE.

A 10 heures, un joyeux brouhaha s'échappe de la salle. De nombreuses personnes sont arrivées. Bernadette et moi répondons aux nombreuses questions sur l'itinéraire, les préparations, matérielle, physiologique et psychique. Nous n'oublions pas de trinquer mais en trempant seulement nos lèvres sans boire.

  • Le départ était fixé à 11 heures mais ce n'est qu'à 11 heures 45 que nous enfourchons le tandem. Nous démarrons devant les personnes présentes avec un brin d'émotion, la gorge un peu serrée. Les premiers coups de pédales sont salués par des applaudissements.

A la première intersection, Bernadette, sous le coup de l'émotion tend le bras à gauche alors que nous devons tourner à droite. C'est sous le regard ébahi d'un automobiliste de passage, à qui nous coupons la route, que nous prenons la bonne direction.
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  • de la Haye Fouassière à Menton

24 heures et première dispute

  • En ce deuxième jour de route le ciel est bas. La pluie menace depuis un moment lorsque le ciel ouvre ses vannes avec un vent violent soufflant en rafales.
Par précaution nous décidons d'enfiler nos capes cyclistes. Arrêtés au bord de la route, pendant que Bernadette tient le guidon avant du tandem, j'ouvre la remorque. D'une main je tiens le couvercle, d' l'autre je cherche les capes. J'essaie de me dépêcher, la pluie tombant maintenant serrée et à grosses gouttes. Un coup de vent, plus violent, m'arrache le couvercle ouvert des mains. Ce dernier est violemment repoussé sur le coté. Les rivets fixant les gonds sont arrachés. Cela m'énerve. Je lance une bordée de jurons. Nous enfilons les capes bien que nous soyons déjà bien humides. Je repose le couvercle sur la remorque et le maintient avec des tendeurs élastiques. Les dégâts, ma maladresse, ma mauvaise humeur, mettent Bernadette en colère. Des propos peu amènes sont échangés. Bernadette décide de retourner chez elle. Elle traverse la route et se poste dans l'attente d'un bon samaritain qui voudra bien la prendre dans sa voiture. Plusieurs véhicules passent mais comme elle ne lève pas la main (de plus elle est trempée de pluie), personne ne s'arrête.
  • Après quelques minutes, Bernadette de l'autre coté de la route, moi tenant d'un air pitoyable le tandem, nous apercevant du ridicule de la situation, nous nous faisons un sourire et enfourchons le tandem. C'est trempés comme des soupes que nous arrivons à Chemillé, dans le Maine et Loire, ou par bonheur, nous trouvons près de la gare un hôtel arborant deux étoiles. Le restaurant, en ce dimanche, est fermé mais le propriétaire gérant a la gentillesse de nous préparer deux beaux plateaux repas avec du saumon que nous dégustons dans la chambre. Dehors, la pluie semble avoir redoublée. Nous nous en moquons un peu, nous sommes à l'abri et notre matériel aussi.

Le lendemain, sur les indications du patron de l'hôtel nous allons chez M. Clémot, serrurier-ferronnier, qui nous renforce les fixations de charnières. Le couvercle de la remorque tient maintenant solidement. L'artisan avec gentillesse nous fait cadeau de son travail.

  • Fontevraud l'Abbaye

  • Au quatrième jour nous sommes à Fontevraud l'Abbaye, fief de Diane de Poitiers. Nous visitons l'abbaye. le site est remarquable. Nous étions passés maintes fois, tout près, sans jamais nous y jarreter. Cette lacune est, avec plaisir, maintenant comblée.
/Petite arnaque

Les hôtels de Fontevraud étant étoilés et chers nous descendons à Montsoreau toute proche. Un hôtel simple et propre, sur le bord de la Loire, fait notre affaire. Le restaurant de l'hôtel étant fermé nous allons dans une pizzeria. Après le Bourgueil-cassis (le cassis gâche le Bourgueil) nous optons pour des assiettes complètes. Le prix est raisonnable et c'est agréable au goût. Nous commandons pour terminer deux desserts sans consulter le prix. A la réception de l'addition nous regrettons de ne pas avoir pris cette précaution. Les desserts ont doublé le prix du repas. La patronne du lieu nous a pris pour des gogos. A l'avenir nous serons plus prudents.

  • Les vallées de la Loire et du Cher sont belles.

  • Avant d'arriver à Tours il faut s'jarreter à Candes Saint Martin, joli village ancien, entre Saumur et Tours. L'évoque Martin y aurait séjourné d'ou le nom. De l'autre coté de la Loire, le Château de Langeais avec ses tours imposantes et ses logis abrite le souvenir du mariage de la Bretagne et de la France. C'est là, qu'Anne de Bretagne s'est donnée, en môme temps que son duché à Charles VIII, roi de France. La loire à nouveau traversée à Savonnières, on arrive au château de Villandry qui, avec ses jardins à la française et ses potagers paysagers est une curiosité peu commune. Tours, capitale régionale, offre, outre ses musées, un vieux quartier datant du Moyen Age avec ses maisons à colombage, la cathédrale saint Martin est aussi à visiter ayant repris un air de jeunesse depuis sa restauration.

Nous prenons notre première journée de repos à Joué les Tours chez notre fille Emilia. Nous pouvons ainsi profiter de nos trois petits enfants, Kévin, Clément et Cindy.

  • Article ou pas article ?

  • Avant d'arriver à notre étape chez notre ami Vincent à Saint Aignan sur Cher, nous passons à Faverolles sur Cher, chez son neveu, pour y prendre les clés de la maison (Vincent étant à Paris et devant nous rejoindre dans trois jours). Le neveu, dit que le maire de sa commune souhaite faire passer un article sur notre voyage dans le journal local. Rendez-vous est pris pour demain à Faverolles pour y rencontrer le journaliste.

Le lendemain, au moment de partir de Saint Aignan sur Cher, je constate que la roue arrière du tandem frotte un peu sur les patins de freins. J'essaie de redresser la gente avec la clé à rayon mais je dérègle plus que je ne règle. Tant pis, nous partons comme cela. La remorque, pour être allégée a été vidée. Partis en retard, nous n'arrivons pas à l'heure fixée. Le journaliste qui piaffe d'impatience (ayant dit-il d'autres reportages) fait une photo, oublie de poser des questions et s'en va. Nous avons fait trente kilomètres pour rien car rien ne paraîtra.

  • Notre ami Vincent est hilare lorsqu'il entend l'histoire. Heureusement les trois jours passés en sa compagnie sont heureux. Nous sommes tout autant émus que lui lorsque nous le quittons, chacun retenant ses larmes avec pudeur.

Nous faisons étape à Lamotte-Beuvron ville ou a été créée la fameuse "Tarte Tatin". Dans les forets de Solognenous apercevons des animaux sauvages à poils et à plumes. S'y trouvent aussi de jolis petits villages anciens, propres, fleuris, aux habitants aimables qui disent bonjour. A Sully sur Loirenous admirons les extérieurs du château. Les douves sont emplies des eaux de la Loire.

  • Chalette sur Loing/.

  • Chalette sur Loing est une commune proche de Montargis (appelée la Venise du Gatinais, compte tenu de ses nombreux canaux et ses maisons les pieds dans l'eau.

Nous faisons halte à Chalette pendant trois jours chez nos amis Rosine et Jean Beausset qui nous gâtent (bonne table, bons vins, bonne ambiance).

  • Les jours suivants nous descendons le long de la Loire. Nous traversons de petits villages et de grandes villes, Briare et son pont canal, Gien et ses manufactures de porcelaine, Pouilly et Sancerre aux vins réputés, Bourbon Lancy aux vestiges médiévaux, Roanne ville sinistrée économiquement. Après cette ville nous prenons la direction de Saint Etienne. Le soir, nous arrêtons dans une ferme auberge. La fermière nous offre un lit en lieu et place de notre toile de tente. Au matin, il pleut sans violence. Nous partons quand même couverts de nos capes cyclistes.  A peine avons nous fait quelques kilomètres que la pluie se met à tomber à grosses gouttes serrées. Nous sommes vite transformés en éponge. Désespérant de trouver un endroit sec pour nous restaurer à midi nous trouvons miraculeusement, en ce 1er mai, un Mac Donald's ouvert. Ce n'est pas pour la cuisine excellente pour certains que nous y entrons mais pour nous mettre à l'abri et nous sécher. Nos capes dégoulinent de pluie ce qui fait le désespoir d'une jeune fille chargée de nettoyer le sol derrière les nouveaux arrivants. Après avoir ingurgité des Trucs Machinsnous reprenons la route sous la pluie qui ne s'est pas calmée. Nous avons l'impression que les voitures et camions prennent un malin plaisir à nous raser pour nous envoyer un maximum de projections. Notre calvaire s'arrête à Andrezieuxau nord de Saint Etienne, ou nous prenons une chambre dans un hôtel Formule 1. Nous avons garé notre matériel à l'extérieur, face à notre chambre. Pure précaution, qui serait assez fou, par un temps pareil, pour s'en aller avec un tel engin.

En ce 2 mai le temps n'est pas vraiment printanier. La pluie battante a cessée mais nous avons pendant notre progression d'Andrezieux à Saint Clair sur Rhône (dans l'Isère) quelques ondées. La route est plus difficile que les jours précédents. Il nous faut gravir un col qui sépare la vallée de la Loire de celle du Rhône.  Pendant la montée un rayon de la roue arrière du tandem casse. La roue de secours est mise en place. La descente vers le Rhône est faite avec prudence. Les patins de freins, mouillés, bien que serrés à mort ne réagissent pas totalement. A l'entrée de Condrieunous évitons par chance l'accident en criant très fort après deux voitures, l'une à gauche, l'autre à droite, qui sortent chacune de rues marquées de stop.  Les conducteurs freinent à temps nous laissant à peine quelques centimètres de chaque coté de la remorque. Nous arrivons quelques instants après à Saint Clair sur Rhône sans plus de problème. Nous y sommes accueillis par nos amis Annie et Bernard Dupuis qui vont à leur tour nous garder trois jours pleins.

  • de Saint Clair sur Rhône à Annecy//.

  • A cause des libations faites pendant cette halte le départ de Saint Clair sur Rhône se fait dans la difficulté. Heureusement, Bernadette a été plus sobre. Elle souque ferme sur les pédales. A peine quittons-nous la localité que nous sentons une anomalie à la remorque. Nous constatons que le cadre en acier est fendu auprès de la fixation de la flèche. Nous ne pouvons pas continuer sans réparer. Bernard contacté par téléphone nous dégotte un atelier ou l'on peut faire une soudure. La chose faite nous repartons. Le soir, nous faisons étape au Grand Lemps dans un hôtel d'un autre âge. Alors que nous dînons, nous voyons la patronne, au bar, qui préoccupée par une tâche sur le bord d'un verre, mouille son doigt de salive, humidifie la tâche et essuie celle-ci avec un torchon douteux qui n'a, sans doute pas vu, depuis des lustres, le tambour de la machine à laver. Nous n'osons pas imaginer ce qui se passe en cuisine.

Avant d'arriver à Chambéryil nous faut passer le col des Échelles (l'autoroute plus directe ne nous est pas autorisée). Certains, nous avaient fait peur, en disant que la montée était difficile.  Nous sommes surpris de la facilité relative de la progression.

  • A Chambéry, pendant le petit déjeuner, à l'hôtel, nous discutons avec un homme dans la trentaine. Il prétend posséder la très belle moto stationnée près de notre tandem. Quelques instants plus tard, le hasard veut que nous le voyons monter sur un scooter de 50cc. Sans se démonter il dit qu'il se sert de petit engin pour la ville. Le hâbleur nous quitte sans rougir...
De Chambéry à Aix les Bains nous empruntons une piste cyclable cachée dans la nature. Elle longe en certains endroits un torrent.
  • D'Aix les Bains àAnnecy , quelques cotes nous ralentissent en nous faisant transpirer. Le temps est chaud, brumeux et à l'humidité.
Notre fille Danièla vient à notre rencontre, accompagnée de nos trois petits enfants Maxime, Alexandra et Louise. Nous sommes approvisionnés en sandwiches et boissons énergétiques.

  • Après une semaine passée en famille nous reprenons la route en direction du sud.

  • d'Annecy à Menton.

  • Après Challes les Eaux, Grenoble, nous arrivons à Romans sur Isère (ancienne capitale de la chaussure).  Nous souhaitons nous y arrêter deux jours. Le camping n'est pas grand. Le gérant est sympathique, et chose rare, il met gratuitement , à la disposition de la clientèle, une machine à laver. Nous recommandons vivement ce camping aux cyclo-campeurs, situé près de l'aéro-club.La journée pleine passée à Romans est dévolue au repos mais aussi à la visite du musée de la chaussure (très intéressant) et du musée de la déportation (aux souvenirs poignants).

A Crest, le jeune réceptionniste, enthousiasmé par notre voyage, nous offre la nuitée au camping.

  • En direction de Montélimar nous constatons que la soudure effectuée sur la remorque à Saint Clair sur Rhône est en train de craquer. Nous modérons nos efforts de traction en espérant trouver bientôt un endroit ou faire la réparation. Heureusement nous quittons la zone montagneuse, si belle mais pleine d'efforts pour nous et le matériel.

Le camping de Montélimar étant fermé nous passons le Rhône pour Le Teil dans l'Ardèche. Ne trouvant pas le camping nous demandons à une dame de nous en indiquer la direction. Chose faite nous restons à discuter avec elle. Nous apprenons qu'elle est originaire de Saint Nazaire en Loire Atlantique. Cela nous rapproche. Elle nous invite à boire une boisson fraîche et à revenir pour le dîner. Son mari, bricoleur, possède un poste à souder. Nous pourrons lui faire part de notre problème. Une solution sera certainement trouvée.
  • La réparation est effectivement faite le lendemain. Lucien n'est pas un bricoleur mais un vrai professionnel, cela se voit à sa façon de travailler. Pendant ce temps, Luce et Bernadette nous concoctent un bon repas. Nous y apportons notre contribution avec les vins et le dessert.

Nous quittons Le Teil en direction d'Orange. La route est relativement facile avec le vent aux trois quarts arrière. A Orangenous trouvons facilement le camping. L'accueil y est froid, indifférent. Cela nous laisse l'impression que ce sont les clients qui sont les obligés du réceptionniste. Une visite en ville nous fait oublier temporairement ce désagrément. Le théâtre antique est de dimensions monumentales. L'Arc de Triomphe dédié à Jules César et à ses victoires en Gaule a subi les assauts du temps. Nous craignons que la pollution générée par tous les véhicules qui tournent autour aggravent encore la situation.

  • Avignon, tout le monde danse sur le pont

  • Nous restons deux jours dans la ville papale. Ce n'est pas de trop pour visiter cette ville aux richesses touristiques remarquables. Le Palais de Papes retient toute notre attention mais sur le Pont Bénezet, qui s'arrête au milieu du Rhône, nous ne voyons personne danser. J'essaie de faire tourner Bernadette mais elle craint les regards des autres visiteurs. A Villeneuve les Avignon nous visitons La Tour Philippe IV le Bel, un ouvrage fortifié bien conservé, malheureusement, arrivés un peu tard nous ne pouvons pas tout visiter. Le personnel, pressé de rentrer chez lui, nous rappelle vers la sortie.

Nous quittons Avignon en faisant un grand détour, les voies à grande circulation nous étant interdites., un à cause du trafic, deux parce que la petite départementale est bien plus agréable.

  • Depuis le matin Bernadette souffre d'un abcès dentaire. Je la sens appuyer courageusement sur les pédales sans se plaindre. A Cavaillon ou nous pensions nous arrêter nous ne trouvons pas le camping. Des joueurs de pétanque nous en indiquent un mais dans la montagne, y aller nous éloignerait trop de notre route. Nous continuons jusqu'à Salon de Provence. En ville nous suivons le fléchage qui nous emmène loin dans la campagne. Bernadette n'en peut plus. Je subis ses foudres de ne pas avoir trouvé plus tôt de camping mais je ne peux lui en vouloir. Cette journée avec ses 80 kilomètres a eu raison de nous et c'est presque sans manger que nous nous couchons.

Une nuit presque blanche pour Bernadette qui s'est pourtant bourrée de cachets. Le propriétaire du camping a pris rendez-vous chez un de ses amis dentiste pour 14 heures. Nous gagnons Salon de Provence à tandem. Bernadette ressort du cabinet dentaire avec une ordonnance d'antibiotiques. En soirée, après la prise de médicaments, cela va beaucoup mieux.

  • En ce 30 mai, Bernadette ne souffre plus. Nous prenons la direction d'Aix en Provence. Il fait très beau. Nous avons chaud mais c'est très agréable.

A Aix en Provence, nous consultons la liste des campings.  Le plus proche se trouve à Beaurecueil en périphérie, à flanc de montagne. C'est dur pour y arriver mais le coin est tranquille et agréable. Nous plantons la tente pour trois jours. Pendant notre halte, nous allons en bus à Aix. Le centre ville est agréable avec de beaux immeubles, de belles églises. L'animation des places, aux terrasses ouvertes, plaide pour le farniente. Alors que nous prenons un verre, un jeune homme joue d'un instrument à corde, de très petite taille. L'air de musique terminé, il passe avec sa timbale. Devant le peu d'empressement des gens à donner une petite pièce je lui fais signe et lui glisse 1 €. Il paraît heureux de ma générosité.

  • Le lendemain, nous grimpons, à tandem, la Montagne Sainte Victoire. La pente est raide mais nous ne mettons pas pieds à terre. A Puyloubier, nous déjeunons dans un restaurant situé dans une rue en pente raide. Le menu à 25 € est pantagruélique et délicieux. Pour faire notre digestion nous allons faire un tour à la Maison de la Légion Étrangère. Se trouvent là, des retraités de la Légion mais aussi des jeunes qui après avoir vu ou vécu des moments difficiles viennent s'y refaire une santé. Nous ne pouvons pas, hélas, tout visiter en ce samedi, un certain nombre de bâtiments étant fermés pour "désinsectisation".

Quittant Aix nous suivons la Nationale 7 jusqu'à Fréjus. En cours de route nous voyons à intervalles réguliers des petits fourgons aménagés. Se trouvent à l'intérieur ou à proximité, des dames qui vendent leurs charmes aux voyageurs et camionneurs. Elles ne sont pas toutes jeunes et jolies mais elles ont toutes besoin de gagner leur pain.

  • Brignolles, le camping est plein de cerisiers. Je me gave des fruits rouges murs et bien sucrés. Des journalistes de VAR Matin, en mal d'article nous interview et font une photo avant notre départ.

Au Muy, nous arrêtons dans un camping fantôme, trois caravanes seulement sont habitées. Le temps est à l'orage. A peine sommes-nous installés que la pluie se met à tomber.

  • La dernière étape avant Fréjus débute sous un ciel noir d'encre. L'orage menace. Trois  kilomètres avant Fréjus des trombes d'eau se déversent sur nous. Arrêtés sur le bas coté de la route, malgré nos capes, nous sommes rapidement trempés jusqu'aux os.

  • Le ciel redevenu bleu nous trouvons un camping sur la route de Bagnols en Foret. En cette saison il est rempli à 98% de touristes hollandais. L'orage qui s'est déversé nous permet de refuser l'emplacement qui nous est désigné et qui fait cuvette. Nous installons la toile de tente sur une butte arrondie.

Ayant vécu à Fréjusde 1961 à 1963 et de 1968 à 1971 nous connaissons bien la ville. Si le centre n'a pas changé, les environs sont différents. De nombreux terrains jadis en garrigue sont maintenant construits. Le résultat n'est pas toujours heureux. La réalisation de
Port Fréjus est intéressante mais elle a supprimé une partie de Fréjus Plage. Nous retournons voir Malpasset. Il ne subsiste presque plus rien des traces du lac artificiel, la nature ayant repris ses droits. Nous notons que l'afflux de population n'a pas fait évoluer les choses dans le bon sens. Nous trouvons, en effet, moins d'amabilité dans les commerces, beaucoup d'indiscipline chez les conducteurs et chez les jeunes, enfin un laissez-aller sur le plan écologique. Nous quitterons Fréjus sans regret.

  • Par sécurité, deux jours avant de quitter Fréjus, nous avons acheté une nouvelle roue arrière.

Après avoir dit au revoir à nos voisins, notamment un couple de hollandais avec lequel nous avons sympathisé, nous commençons l'ascension d'une montée dans le camping. Sous l'effort, nous sentons la roue patiner, sans doute à cause d'un peu de sable qui recouvre le bitume. Aux tours de pédale suivants cela se reproduit. Regard sur la route, pas de sable. Vérification faite, c'est le cliquet de la roue libre qui est en train de lâcher. Nous poussons jusqu'en haut de la cote puis nous nous laissons glisser doucement jusqu'à l'entrée du camping. Sur le parking je démonte la roue. Un personnel de la réception qui descend en voiture à Fréjus me prend en stop. Chez le vendeur réparateur on ne veut pas me changer la roue, bien que je vienne tout juste de l'acheter. Je décide de rester dans la boutique jusqu'au moment ou satisfaction me sera donnée. A 12 heures 30, l'heure du déjeuner, on m'invite à revenir à 14 heures. Je refuse. Une dizaine de minutes après on me tend une roue neuve. Je reviens au camping, distant de trois kilomètres, à pieds, en courant. La roue remontée nous partons enfin.

  • La corniche de l'Estérel est belle. La terre rouge, la mer bleue, les villas à flanc de montagnes, les bateaux qui glissent sur les flots, tout cela est magnifique. Nous nous arrêtons à plusieurs reprises, autant pour regarder que pour nous reposer.

A l'entrée de Mandelieu La Napoule nous trouvons un camping à caractère familial et non pas une usine à
touristes étrangers comme celui que nous venons de quitter à Fréjus. Nous nous y sentirons si bien que nous y resterons onze jours.

  • Pendant cette halte nous allons de nombreuses fois à Cannes tout proche. Les richesses de la Croisette, des ports de plaisance, des hôtels de luxe, des cafés et restaurants aux menus ampoulés, font écran à une ville ordinaire de HLM, ou vivent des hommes et des femmes industrieux et smicards. Les uns en dépensant largement font vivre modestement la plus grande partie de la ville.

Nous montons à tandem à Vallauris, le village de potiers. Hormis les commerces qui présentent des articles, souvent intéressants et chers, la ville n'a rien d'attrayant.

  • Pour gagner notre étape suivante, Saint Laurent du Var, nous passons Antibes, Cagnes sur Mer.Il fait chaud. A notre arrivée à Saint Laurent nous sommes en sueur.

La halte a été choisie pour sa proximité avec Nice.
La promenade des Anglais, La Baie des Anges, la vieille ville, retiennent toute notre attention. Nous aimons nous y promener, y prendre un verre en terrasse, à l'abri d'un parasol, et regarder les gens déambuler. Ce n'est souvent qu'à la nuit tombante que nous rentrons au camping.

  • Nous quittons Nice par la basse corniche, qui monte et descend souvent. Après Villefranche sur Mer nous arrivons à Monaco. Nous achetons des casse croûtes pour midi qui semblent bien légers. Nous les dégustons assis sur un banc près du port en partageant nos miettes avec les pigeons. Nous repartons sans un poids sur l'estomac.

A Roquebrune Cap Martin, nous trouvons, sur les hauteurs, un camping au joli nom de
Fleur de Mai. Dommage qu'à la réception un "kapo féminin", à l'âge indéfinissable me fasse monter la moutarde au nez. Sans être sur de trouver un autre camping, je retiens les mots que j'ai au bord des lèvres. Une fois installés dans un endroit choisi j'oublie la mauvaise femme. Ce que nous n'oublions pas c'est le prix de la journée, 17,30 €.

  • Le lendemain nous allons faire un tour à Menton, ville frontalière avec l'Italie. On s'y trouve bien. Les vieilles rues très en pente et les escaliers donnent du charme. En bas, les restaurants et les cafés avec leurs terrasses retiennent les touristes. Nous prenons, nous aussi, un verre de bière. Autour de nous on parle beaucoup italien. Ils viennent prendre un peu  d'exotisme français. Un mendiant de couleur, aux habits totalement déchirés, crasseux au possible, va de terrasse en terrasse. Il est d'âge indéfinissable, imbibé d'alcool. Il se prend pour "Caruso". Verre de rouge à la main, il chante des chansons incompréhensibles. Il fait sourire et pitié à la fois.

Nous nous accordons une dernière journée de repos avant de quitter la France.

NOTRE FRANCE EST BELLE MAIS...
Les français veulent donner des leçons aux autres. Qu'ils regardent autour d'eux lorsqu'ils vont doucement pour voir ces déchets qui bordent les routes, plus nombreux dans le sud que dans les régions du nord. Ils penseront peut-être que c'est la chaleur qui rend paresseux ou le trop grand nombre de touristes qui hors de chez eux laissent aller leurs mauvais penchants. Ils observeront parfois qu'il manque aux populations rencontrées la chaleur du coeur. Que le sens de l'hospitalité est une qualité disparue et que l'individualisme prime
. FRANCE NE SOIT PAS UNIQUEMENT BELLE SOIT AUSSI GENEREUSE.
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