 ITALIE - 2 MOIS - 1804 KILOMETRES |  |
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- Le temps est au plus beau. Nous quittons Roquebrune Cap Martin en direction de l'Italie. Les postes frontières sont fermés et désertés des services des douanes. La route est libre. Le sol français quitté notre voyage commence vraiment.
Les routes italiennes sont signalées déformées. Nous pensons qu'elles sont défoncées. La remorque fait parfois des bonds ou tombe dans des trous ce qui nous laisse craindre une rupture de renfort de flèche ou une roue abîmée. A Vintimille, la première ville, nous mangeons des sandwiches, assis sur un banc, à l'ombre de grands arbres. Nous repartons sous le soleil qui nous écrase comme s'il était de plomb. A San Remo le camping est à 24 €. Nous continuons plus loin pour en trouver un à 19 €. Nous sommes si fatigués que nous mangeons que le tiers de pâtes fraîches achetées. Notre consolation c'est d'avoir trouvé la Costa Brava sans urbanisation galopante, plus belle que la Côte d'Azur.
- A Impéria, nous rencontrons un jeune français qui fait aussi un tour à vélo. Parisien il fait le nord de l'Italie puis il ira en Pologne et en Turquie. Il demande s'il peut faire un bout de chemin avec nous. Ensemble nous allons à Gênes.
Gênes (Genova) est une ville industrieuse tout en longueur. C'est aussi un grand port. A part le centre, ou se trouvent de beaux immeubles, le reste de la ville est d'aspect commun et sale. Nous ne nous y attardons pas.
- Les jours suivants nous trouvons des campings aux prix toujours élevés mais lorsque la fatigue nous gagne (nous sommes en permanence en zone montagneuse),nous payons le prix demandé. Les emplacements sont à peine suffisants pour planter la tente. Lors des réclamations on nous fait clairement comprendre que l'on peut aller voir ailleurs.
A Sarzama, sur la cote Ligure, alors que nous sortons du camping la roue libre, usée, nous fait des caprices. La chaîne glisse entre les pignons. Nous prenons quand même la route. Nous avons la chance de trouver à cinq kilomètres un vendeur réparateur de cycles. Après un peu d'attente les pignons sont changés. Nous n'aurions sans doute pas pu aller bien loin.
- La route est presque plate. Ce serait agréable sans la saleté dans les villes, les détritus sur les bords de route et dans les fossés. Dans une foret, avant d'arriver à Pise, des ouvrières (ou des esclaves) du sexe, en tenue sans équivoque, attendent les clients pour aller les soulager sous les frondaisons.
Pise
Un camping surpeuplé mais assez bien tenu se trouve près des sites à visiter. Nous remettons à demain matin la visite des bâtiments.
- Hier au soir, de loin, l'ensemble des bâtiments nous semblait petit. Sur place nous sommes surpris par la grandeur du lieu. Outre la Tour Penchée, qui est le clocher de la basilique, se trouvent d'autres bâtisses. Les visiteurs sont nombreux. Nous restons plus de deux heures sur place avant de prendre la route en direction de Florence.
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| Florence - Firenze.
Nous gagnons Florence en deux étapes. En cours de route il a fallu réparer un renfort de flèche cassé à cause des à coups provoqués par l'état de la chaussée.
- Les gérants de camping, devant l'affluence ne refusent, personne. Ils allouent de minuscules places (sans diminution de prix). Il est vrai que s'ils n'appliquaient pas cette politique beaucoup n'auraient pas d'emplacement.
Si les quartiers populaires de Florence sont sales, mal entretenus, le centre touristique est une pure merveille d'architecture. De nombreux musées (chers) recèlent des collections inestimables. Tout y est payant, y compris les églises. Le pont des joailliers nous retient un bon moment. Ne pouvant tout voir, pour cause pécuniaire, nous restons seulement une journée. A notre retour au camping, après la visite de la ville, nous constatons que notre drapeau (français), fixé sur la remorque, nous a été volé. |
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- La route qui va de Florence à Sienne (Sienna) ondule en vallées et petits monts. La Toscane est très belle et propre. Les oliveraies et les vignes s'entremêlent. C'est la région du Chianti. De ravissants petits villages prêtent à s'arrêter. Nos muscles souffrent, suant toute l'eau de nos corps, nous sommes ravis des paysages. A midi, nous installons notre table et mangeons des melons et des fruits bien murs, achetés en cours de route. Pour éviter la grosse chaleur nous déplions nos nattes de paille et faisons une courte sieste à l'ombre d'un pin. Le départ après la halte est difficile. C'est au bord de l'épuisement et sans eau que nous arrivons à Sienne ou nous trouvons sans peine un camping. Des français qui étaient à Florence en même temps que nous sont surpris de nous voir déjà là. Il est vrai que la SR 222et ses 73 kms parcourus en plus de 7 heures était à faire.
Pendant notre séjour à Sienne nous visitons la ville avec plaisir. La Place del Campo, la cathédrale et ses vitraux magnifiques, les rues typiques nous donnent envie de rester plusieurs jours.
- Après trois jours à Sienne, nous reprenons la route. Ce soir nous faisons un camping sauvage, sous un pont, sur un lit de sable. Seule la toile intérieure de la tente est montée.
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| | La nuit a été bonne. Le bruit des quelques voitures étant étouffé par le tablier du pont. Nous prenons la route vers 8 heures. Le soleil est déjà haut et chauffe. A midi, une fontaine sur le bord de la route nous offre de l'eau bien fraîche. Peu après, nous achetons à un jeune hommes, des melons et des fruits plein de sucre pour notre repas de la mi journée. En fin d'après-midi nous arrivons en vue de Bolsena. Le lac vu de loin semble déjà nous rafraîchir. Un camping se trouvant sur la berge fait notre bonheur.
Comme le coin nous plait nous restons deux jours. Bolsena, située à 7 kilomètres, a conservé sa ville médiévale (Xième siècle) qui en est maintenant le centre. Des murailles subsistent. Les rues pavées sont étroites. Cette étroitesse empêche le soleil de pénétrer dans les maisons leur gardant une fraîcheur relative. Hors de remparts, une ville sans charme s'est étendue.
En ce 23 juillet, 110ème jour depuis notre départ, nous reprenons notre route vers Rome. Nous sommes maintenant dans Le Lazio. Depuis que nous avons quitté la Toscane nous avons retrouvé la saleté sur les bords des routes. Nous devinons les exploitations agricoles par les odeurs qu'elles propagent avant de les voir. Les collines ont fait place à des bosses. Nous roulons sans difficulté. Les commerçants semblent moins aimables et moins scrupuleux. Dans un restaurant où nous commandons deux coca-colas, ceux-ci nous sont servis au verre (venant d'un litre). Outre le manque de bulles, il y a certainement dissimulation vis à vis du fisc. En soirée, ayant pris la direction de Braciano, dans une montée à 12%, la chaîne arrière du tandem casse. Le temps de réparer nous sommes gagnés par la nuit. Nous décidons de camper dans un ancien virage de la route. La nuit étant douce nous dormons à la belle étoile nous couvrant seulement d'une couverture de survie pour nous protéger de l'humidité.
Braciano étant à peu de distance nous y arrivons en fin de matinée. Le camping n'est pas terrible. Les sanitaires à la limite de l'hygiène (lorsque la chasse d'eau est tirée, c'est le bain de pieds assuré) En soirée, nous sommes assaillis par des nuées de puces de terre.
La ville de Braciano est dotée d'une forteresse (habitée) qui a eu de grands jours de gloire sous le Pape Alexandre Borgia et son fils César. Des rues de la même époque sont aux alentours. Une urbanisation récente s'est étendue tout autour de la vieille ville. De nombreux romains, désireux d'échapper aux quartiers suburbains surpeuplés et crasseux de la capitale sont venus grossir la population. Un train permet de gagner Rome en une demi-heure. Nous profiterons de cette facilité pour y aller à plusieurs reprises.
Notre première journée à Braciano se passe en repos. Dans l'après-midi, un violent orage accompagné de pluies et de vent sème l'émoi et la désolation. Des tentes sont inondées, d'autres emportées par le vent. La notre, heureusement, secouée comme une salade dans un panier, résiste aux éléments. L'orage éloigné, le ciel bleu revenu, nous regardons avec stupeur le ruisseau bordant le camping. D'un mince filet d'eau, il est devenu torrent. Il charrie de nombreux détritus, qui se trouvaient sur ses berges, vers le lac. Poussés par le courant jusqu'à plus de cent mètres des bords, plastiques, bouteilles, branches et autres objets non identifiés vont augmenter la pollution du réservoir d'eau qu'est le lac de Braciano. Nous constatons que ceci est sans effet sur les italiens.
Nous profitons de la proximité de Rome pour nous y rendre à plusieurs reprises. Nous visitons aussi, en compagnie de jeunes françaises, qui nous y emmènent en voiture Tivoli, ville patricienne non loin de Rome. De splendides villas, époque Renaissance, sont ouvertes aux visites. Nous choisissons la Villa d'Este.
Nos visites à Rome nous amènent à visiter, le Vatican, le Château Saint Ange, le Colisée, les arcs de Triomphe, le Palais Emmanuel II, la Fontaine de Trévi et bien d'autres sites anciens. De tous nous avons préféré La Basilique Saint Pierre. C'est de la beauté pure. Le travail des sculptures de marbres, les chapelles intérieures, les voûtes, ne laissent pas de mots pour les décrire. Hors cela, nous déplorons dans les quartiers voisins, la saleté des rues avec des papiers gras et herbes dans les caniveaux et... Nous avons aussi observé le manège des nombreux pickpockets qui, sans se cacher, font l'inventaire des sacs qu'ils viennent de subtiliser à leurs propriétaires. Aucun fonctionnaire de police ne semble s'intéresser au problème. |
| | 10 jours de camping à Braciano nous ont permis de visiter Rome mais aussi de nous reposer. Nous reprenons la route le 5 août en direction d'Ostie (Ostia). Nous ne descendons pas sur Rome mais longeons l'aéroport et rejoignons la cote. Ostie est une ville balnéaire, toute proche de Rome. Elle est semblable à celles que l'on trouve sur nos cotes avec plus d'anarchie encore dans la circulation et le stationnement. Nous la traversons mais nous ne nous y arrêtons pas. C'est après avoir fait 10 kilomètre encore que nous trouvons un camping. L'étape a été de 76 kilomètres mais sans difficulté. en soirée, après avoir monté la tente, nous buvons une bière puis un pichet de blanc pendant notre repas. Ces boissons ajoutées à la fatigue nous font nous endormir rapidement. La nuit si bien commencée est brusquement percée par une musique tonitruante. Quelqu'un au bar, par maladresse ou malice, a pratiqué une mauvaise manipulation branchant la musique d'ambiance sur les hauts parleurs du camping. Heureusement tout redevient rapidement calme et nous nous rendormons.
Écologie or not écologie.
Nous sommes en fin de matinée. Nous roulons en évitant les déchets de toutes sortes qui jonchent les bords des routes. Les containers à ordures débordent. D'une agglomération à l'autre ce ne sont que bouteilles plastiques, papiers gras, carcasses de machines à laver ou des gazinières. Nous en sommes à nos réflexions sur le manque d'hygiène lorsqu'un automobiliste nous klaxonne et nous fait un signe en nous dépassant. S'arrêtant plus loin il descend de voiture. Nous arrêtons près de lui. Nous sommes invités à venir prendre une boisson fraîche chez lui tout près. Sur place, Flavio, nous invite à déjeuner de pâtes. Nous prenons même une douche avant de repartir. Flavio est un italien qui aime la France Il parle d'ailleurs très bien notre langue. Cet halte, bien qu'agréable, nous a fait perdre du temps. Il va falloir souquer ferme sur les pédales. Ce n'est qu'à la nuit tombante que nous trouvons un camping à Lido di Latina, (ou nous serons la seule tente). La plupart des résidents ont des caravanes auxquelles sont joints des auvents rigides. Les jours suivant nous passons les petites villes de Terracina, Sperlonga, Gaïta, Marine di Varcaturo. A chaque fois c'est la galère pour trouver un camping à un prix raisonnable. Bernadette en négociatrice avisée fait souvent chuter les prix d'un tiers. Marina di Varcaturo n'est qu'à 35 kilomètres de Naples. Nous y resterons quelques jours, préférant prendre le bus, la circulation dans le sud de l'Italie n'ayant plus de règles.
Naples.
Naples est ce que l'on peut appeler une belle ville mais elle perd rapidement de son charme à cause de la saleté ambiante des ses rues. Les napolitains jettent au sol tout ce qu'ils ne veulent plus. Nous ne visitons pas Le Castel Nuovo hélas fermé. C'est une grande bâtisse du Xième siècle, proche du port. Tout près des rues aux beaux immeubles flamboyants (ici l'environnement est respecté), une superbe galerie couverte mais aux commerces fermés (nous sommes dimanche) accueille des vendeurs d'artisanat africain. Le quartier espagnol, (qui tient son nom de l'occupation espagnole) n'est guère engageant. Les rues étroites sont sales et ne semblent pas sûres. Montés sur les hauteurs par un funiculaire nous jouissons d'une vue sur la ville et sur la baie, sans que cela nous enchante davantage. De retour près de la gare centrale nous faisons une promenade avant de reprendre le bus. Les grands boulevards, en ce dimanche finissant, sont pleins d'ordures. Des entrées du métro (en travaux) sont totalement bouchées par des détritus de toutes sortes. C'est presque avec soulagement que nous montons dans le bus pour le retour au camping. De plus, les commerçants, les conducteurs de bus, sont peu aimables. Une journée dans cette ville nous suffit.
Lorsqu'ils sont rencontrés dans des circonstances privilégiées les italiens peuvent être charmants. C'est le cas de Nicola et Paola nos voisins de camping à Marina di Vercaturo. Nous les quittons après les avoir chaleureusement remerciés de leur accueil.
Ayant quitté Naples, nous arrivons, après être passés à proximité d'Herculanum et la Torre del Gréco à Pompéï
Pompéï.
Les ruines de Pompéï, situées à peu de distance du camping sont remarquables. On peut aisément imaginer qu'elle était la vie des habitants avant l'éruption du Vésuve. On trouve des restes de maisons patriciennes avec leurs colonnes, mosaïques, peintures (qui hélas s'effacent). Les commerces, conservent de nombreuses traces de leurs activités (boulangerie avec les fours à pains, restaurants avec ustensiles de cuisson etc...). Les rues pavées avec leurs passages pour piétons surélevés et passages de roues de chariots. Le temps passe si vite que les cinq heures sur le site nous ont semblées courtes. |
| | | Le Vésuve.
Nous profitons de la proximité du Vésuve pour en faire l'ascension. Arrivés en bus nous devons terminer à pieds par un chemin balisé pour atteindre le sommet. Avant d'atteindre le cône, un cabanon, doté d'une caisse, nous déleste chacun de 6 €. Cette somme est destinée à rémunérer les services d'un guide. Passé la barrière, ce dernier nous invite à continuer seuls. Le temps n'est pas vraiment avec nous car les nuages sont épais. Une timide éclaircie, de quelques minutes, nous permet tout de même de voir l'ensemble du cratère et des fumerolles qui s'en échappent. A peine sommes-nous redescendus au niveau de la mer que le ciel se dégage. Le Vésuve se détache alors sombre sur le ciel d'un bleu tendre.
La descente vers le sud nous amène à Salerno. La ville est dotée d'un port de commerce actif. Les rues sont larges et propres avec des immeubles cossus dans le centre. Nous continuons pendant quelques kilomètres avant de trouver des campings. Nous choisissons celui qui semble le plus tranquille. Nous y sympathisons avec un couple de toulousains en camping-car. Un anglais qui fait aussi du vélo de Naples jusqu'en Sicile s'intéresse à notre voyage. |
| de Salerno à Brindisi.
De Salerno nous prenons en direction de l'est, les Pouilles. Les montées et les descentes vont s'y succéder? C'est une région peu peuplée aux habitants rudes qui peuvent avoir mauvais ou grand coeur. Les deux seront rencontrés.
En fin d'après-midi, après avoir copieusement transpiré, nous cherchons un endroit ou planter la tente. Un champ d'oliviers semble pouvoir faire notre affaire. Par politesse, je vais à la ferme toute proche pour demander l'autorisation de nous installer. Après avoir frappé à la porte j'entends "avanti". Entré d'un mètre dans la maison, une mégère d'une quarantaine d'années, se rendant compte que je ne suis pas du pays, m'intime du bras et de la voix, vociférant des mots pour moi incompréhensibles mais significatifs de m'en aller vivement. J'essaie d'expliquer la raison qui m'amène mais les cris s'amplifient à tel point que Bernadette, sur le bord de la route, se demande ce qui se passe. Ce n'est qu'au moment ou nous appuyons sur les pédales qu'elle nous quitte des yeux et rentre dans sa maison.
Nos observations sur l'hospitalité italiennes ne se terminent pas là.
Plus loin, à Postiglione, nous trouvons une maison ou l'on accepte que nous posions notre toile de tente. Tout près, une grande salle, qui à l'occasion doit être louée, dispose d'un lavabo et d'un wc. Nous profitons de cet équipement pour nous rafraîchir chacun notre tour. Pendant que Bernadette, nue comme un vers, est en train de se laver, le logeur vient ouvrir la porte, pour se rincer l'oeil. Il a une femme si gentille que nous ne faisons pas de scandale.
La rencontre avec le bon samaritain
Au coeur des Pouilles la route est dure. Depuis le matin les cotes se succèdent et deviennent de plus en plus difficiles et longues. A midi, nous faisons un repas de tomates, mangées telles quelles et de fruits. Ce repas nous semble bien inconsistant pour gravir les pentes de 15% annoncées par panneaux. Pour moins peiner, nous désaccouplons le tandem et la remorque. Bernadette pousse le tandem et je tire la remorque. Nous avons péniblement fait un kilomètre lorsqu'un triporteur Piaggio, avec plateau, s'arrête près de moi. L'homme qui en descend, par gestes, m'invite à charger la remorque. Les 80 kgs sont montés. Nous rejoignons Bernadette. Elle a pris un peu d'avance et mange des figues sauvages mûres à souhait. Elle ne semble pas décidée à monter. Nous insistons (surtout moi). Le tandem placé près de la remorque Bernadette s'assoie à coté du conducteur. Je suis sur le plateau à tenir le matériel. Le Piaggio peine à monter les pentes qui se succèdent sur les dix kilomètres qui nous séparent du village ou se rend et habite l'homme. Je l'invite à boire un rafraîchissement dans un bar mais au moment de payer il refuse que je le fasse. Nous nous souviendrons toujours de toi Cataldo Soldovieri, l'homme aux yeux qui reflètent la bonté et qui sait donner sans excès de gestes et de langage.
Ayant quitté Cataldo nous reprenons notre route. Celle-ci continue à monter mais en moins fort, environ 6% en continu. Nous nous arrêtons souvent pour nous reposer et boire. Le maigre repas de ce midi se fait sentir. Nos muscles ne veulent plus donner. Nous décidons de planter la tente en pleine nature. Dans un virage, un terre-plein avec des monticules de graviers nous permet de nous installer. Nous sommes hors de la vue des passants. Le ciel s'est obscurci, l'orage se prépare. A peine ai-je enfoncé le dernier piquet que la pluie se met à tomber avec violence. Nous sommes obligés de cuire nos pâtes à l'intérieur du auvent, courbés en deux. Il nous faut manger, sans cela demain, nous n'aurons pas de forces. Les pâtes englouties nous faisons une toilette sommaire avec des lingettes. Nous sentons presque le propre. La nuit est entrecoupée de réveils à cause des camions qui poussent leurs moteurs dans la montée.
Le vent pendant la nuit a séché la tente. Nous ne perdons pas de temps et filons à 8 heures du matin en reprenant l'ascension des cols. Il nous faut attendre le trentième kilomètre pour avoir des faux-plats et des descentes. Nous ne traversons pas de villages. Ceux-ci sont tous à quatre ou cinq kilomètres sur les flancs des montagnes ce qui nous pose des problèmes de ravitaillement en eau et nourriture.
- Où nous sommes escortés par les carabiniers et les services de l'équipement.
Des panneaux nous annoncent des tunnels. Le premier, court, est passé sans problème. Nous n'allumons même pas nos lumières. Avant le second nous sommes dépassés par une voiture de carabiniers qui nous font signe d'arrêter. Ils nous expliquent qu'il serait dangereux pour nous de traverser le tunnel, long de mille mètres et qui n'est pas éclairé. Ils nous invitent à passer par les villages de montagne, ce que nous refusons, leur montrant nos lumières sur le tandem et la remorque et en plus nos lampes frontales. Devant notre détermination ils appellent un camion de l'équipement. Quelques instants plus tard nous sommes dans le tunnel avec les carabiniers devant, l'équipement derrière, tous gyrophares allumés. L'autre bout du tunnel atteint ils nous font un signe de la main en guise d'au revoir.
13 heures, nous trouvons enfin une épicerie. Nous y faisons des achats d'urgence, eau, pain, biscuits, charcuterie et fruits. Quelques kilomètres plus loin nous nous arrêtons à l'ombre d'un pont pour un casse-croûte. La halte est réduite à son minimum, les camions et voitures passant à proximité faisant un bruit d'enfer. Notre route reprise nous désespérons de trouver un endroit pour camper. La route est maintenant en hauteur, comme une digue. Les terrains en contrebas, soit ne sont pas accessibles, soit qu'ils sont labourés. Ce n'est qu'après 101 kilomètres et 6 heures 50 que nous trouvons un terrain presque convenable (avec de hautes herbes que nous couchons) près d'une gare désaffectée. Sur le fronton de la bâtisse est encore visible Montalbano |
| | - la chaîne des Pouilles est enfin traversée.
Pendant les deux jours qui suivent nous remontons vers Tarente (Taranto). En cours de route nous nous gavons de délicieux raisins blancs, juteux et sucrés. Nos muscles s'en réjouissent. Nous trouvons des campings sans trop de peine. Nous pouvons enfin enlever la crasse de nos efforts. A Marina di Taranto, peu avant Tarente, un camping dans une pinède nous accueille pour deux jours. Hélas, c'est le week end. Les italiens ces jours là font la fête, nos nuits s'en ressentent.
Lorsque nous partons de Marina di Taranto nous ne pensons pas aller, en une seule journée, jusqu'à Brindisi distante de plus de 100 kilomètres. Taranto traversée nous roulons plus de vingt kilomètres dans une zone semi désertique. Seuls sur cette route (ou presque) nous avons le sentiment que quelque chose se passe au niveau de la remorque. Vérification faite il y a trois rayons de cassés à une roue et le moyeu doit être resserré. Le travail nous prend une précieuse demi-heure. Nous retrouvons bientôt une campagne plus souriante mais aussi plus accidentée.. Les kilomètres s'ajoutent les uns derrière les autres. La nuit approchant je veux m'arrêter dans un hôtel mais Bernadette veut pousser jusqu'à Brindisi. Lumières allumées nous évitons au mieux les trous et bosses de la route. Les voitures et camions nous frôlent parfois. Un moment, nous sommes obligés de prendre la voie express. Certains tronçons sont en travaux, qui pour notre malheur, sont très mal signalés. Le danger de se faire faucher est réel. Miraculeusement arrivés à Brindisi, sans accident, ni incident, nous allons vers le port. Un bureau de compagnie maritime est encore ouvert (il est plus de 23 heures). Après négociation sur le prix du billet et du transport de notre matériel nous avons notre passage pour demain matin en direction de la Grèce. Dans le centre ville un bar est encore ouvert. Nous y achetons des sandwiches et de la bière. Nous avalons rapidement cet en cas avant la fermeture.
Sur la recommandation du patron du café (à cause des vols possibles), nous allons nous installer avec nos pliants près d'une base de la Marine Italienne. Nous ne voulons pas, pour quelques heures, payer une nuit d'hôtel. Si je m'assoupis un peu, Bernadette garde consciencieusement le matériel et son homme.
En cette journée nous aurons parcouru 107 kilomètres en 8 heures de selle.
AU REVOIR ITALIE. si tes sites sont très beaux ils sont souvent souillés par les ordures. Si des hommes et des femmes sont aimables et remarquables nous avons eu le plus souvent droit aux grimaces ou à l'indifférence. Les campings sont, à quelques exceptions, sans entretien et chers (avec douches souvent payantes)// |
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