 POLOGNE - 1 MOIS - 1105 KILOMETRES |
| | | - Dukla, la première ville polonaise n'a qu'un hôtel et il est complet. -Krosno une ville plus importante est encore à 20 kilomètres.
- Ennuis mécaniques et chute
- Depuis deux jours la roue libre fait des siennes en coinçant de temps à autre. Au sixième kilomètre en Pologne elle lâche brusquement alors que nous sommes en montée. C'est la chute. Nous nous relevons avec peine. Pendant ce temps trois voitures passent en s'écartant un peu mais personne ne s'arrête. Le cliquet de la roue libre est cassé. Nous n'avons plus qu'à marcher jusqu'au premier village qui se trouve à trois kilomètres.
Un marchand de pneus, très obligeant, nous propose de nous emmener avec son fourgon à Krosno. Une demi-heure suffit pour nous y rendre et trouver un hôtel 3 étoiles. Nous remercions notre accompagnateur qui ne veut être payé que d'une chaleureuse poignée de mains.
- Sous la douche nous constatons de petits hématomes à l'épaule et au coude gauche pour moi et des rougeurs à la fesse droite pour Bernadette.
Pour nous réconforter nous faisons monter le dîner dans la chambre. Un Beaujolais Villages nous remet totalement de nos émotions.
- Krosno est une ville ordinaire. Nous avons la chance d'y trouver un réparateur de cycles qui nous monte une roue avec moyeu à cassette.
Lorsque nous repartons les ecchymoses sont un peu sensibles. A midi nous trouvons un petit restaurant avec des patrons sympathiques. Nous y mangeons bien et au départ on nous salue de la main. Le soir nous plantons la tente aux abord d'un hameau. Les habitants ne semblent pas avoir très envie de nous voir là.
- Le lendemain après cinq cents mètres nous passons devant un hôtel. Nous comprenons alors notre méprise sur le comportement des gens hier au soir. En tendant le bras dans la direction que nous venons de prendre ils nous indiquaient un endroit ou dormir.
- A dix kilomètres de Tarnow un fourgon blanc immatriculé à Paris s'arrête devant nous. Deux hommes en descendent. Le plus jeune à l'accent des faubourgs parisiens. Il se présente comme polonais habitant Paris. L'autre homme est son père. Il ne parle pas français. Après quelques minutes de conversation nous sommes invités à camper dans le jardin de la maison que fait construire le père pour son fils Piotr. Nous convenons de nous retrouver à 17 heures à la sortie de Tarnow en direction de Krakow. Avant cette heure nous déjeunons en ville puis visitons une partie du centre. S'y trouve un superbe beffroi et une très belle église en briques rouges. Les immeubles laissent présager une certaine opulence.
A l'heure fixée Piotr et son père arrivent au rendez-vous à vélos. Ils ont préféré ce moyen pour nous montrer le chemin. La maison du père est tout près de celle de Piotr (dont le gros oeuvre est terminé). La douche prise et la tente montée on nous informe que nous sommes invités à passer la soirée chez la soeur du polonais, (cette soirée était prévue avant de nous rencontrer).
- La soeur habite un quartier résidentiel. Les maisons sont spacieuses avec de grands jardins. Nous sommes accueillis comme si nous étions de vieux amis. Un barbecue est prévu. Le feu est allumé entre des pierres. Les flammes montent à notre arrivée à plus d'un mètre de haut. Se trouvent présents Piotr, son père et sa femme, la soeur et son mari, un frère de Piotr et sa jeune épouse, le fils de la maison et sa petite amie.
Lorsque la vodka est servie nous pensons que c'est l'apéritif. Nous comprenons rapidement que ce sera la boisson de la soirée. Prenant nos précautions nous laissons le moins possible de place dans nos verres. Les plats , salades, viandes grillées, charcuterie, fromages sont servis sans ordre particulier. Nous discutons beaucoup. Piotr fait la traduction simultanée. De nombreuses histoires drôles sont racontées, notamment sur les russes par le mari de la soeur (ingénieur à la retraite). Les popofs sont brocardés en tous sens. Nous rions beaucoup. ces histoires sont un peu une revanche. «Ils disent qu'ils aimaient bien les russes avant mais qu'ils les aiment encore mieux maintenant qu'ils sont partis.»
- En les quittant nous remercions ces gens qui nous ont si bien reçus.
Au matin la tente est encore humide des averses de la nuit. Dans le ciel courent de lourds nuages noirs. Avant le départ nos hôtes nous gavent d'un copieux petit déjeuner. Piotr et son frère nous accompagnent jusqu'à la route nationale. Avant que nous les quittions une grosse averse nous trempent tous les quatre.
- Durant la journée les averses se succéderont. A Bochnia nous trouvons une chambre dans un petit hôtel ancien mais c'est très propre. Après avoir dîné dans la chambre de nos provisions nous sombrons dans un profond sommeil.
- 14 juillet. Jour ordinaire en Pologne. Enfin du beau temps
A une dizaine de kilomètres de Krakow (Cracovie) à Wieliczka nous trouvons un camping bien aménagé. Nous ne pourrons pas trouver mieux plus loin. Nous pensons rester quelques jours. De là nous pourrons aller à Cracovie et les sinistres camps de concentration d'Auschwitz.
- Un train omnibus relie Wieliczka à Krakow. Une demi-heure suffit pour atteindre le centre. La ville est très agréable avec ses grandes places, ses rues piétonnes. Les bâtiments sont superbes. La cathédrale et les églises sont remarquables (nous sommes dans la ville de Jean-Paul II). Le château est aussi très visité. Les cafés et restaurants avec leurs terrasses qui débordent largement sur la grande place attirent beaucoup de monde.
A la gare, ne trouvant pas le guichet pour acheter le billet de retour nous décidons de monter dans le train sans titre. Dès que nous voyons le contrôleur nous lui en demandons. Il nous les établi sans supplément. N'ayant pas la monnaie il demande aux voyageurs. Devant tant d'obligeance nous lui laissons un substantiel pourboire. En retour nous avons un merci et un large sourire.
- La mine de sel de Wieliczka
- La mine de sel de Wieliczka est une des plus anciennes d'Europe. «Elle est porté au registre des monuments de l'UNESCO depuis 1978 sur la Liste du Patrimoine Mondial de Culture et de Nature». La partie ouverte à la visite a été exploitée du XIIIème au XXème siècles. On peut y admirer des excavations minières soigneusement conservées, des machines anciennes et des engins d'autrefois ainsi que des particularités de la structure des gisements de sel. Elle illustre 700 ans de l'industrie du sel en Pologne. Elle a été un atout important pour la Couronne Polonaise puisqu'elle apportait jusqu'au tiers des rentrées du Trésor. Les deux heures et demie passées à parcourir galeries, chambres, cathédrale souterraine, statues de sel (dont une de Jean Paul II), voir aussi tous les matériels exposés. A la sortie nous sommes ravis de la visite. Encore sous le charme, avant de quitter notre guide, une jeune étudiante, je lui glisse un billet de 20 zlotys dans la main.
- AUSCHWITZ - Journée poignante
- De Wieliczka à Krakow nous prenons le train puis de Krakow à Auschwitz un bus.
Nous sommes déposés près du camp numéro 1 d'Auschwitz transformé en musée. Sans guide la visite est gratuite. Nous achetons tout de même , pour faciliter la visite, les plans d'Auschwitz 1 et d'Auschwitz 2 (Birkenau)
- L'émotion nous serre à la gorge dès notre entrée dans la camp n°1. Malgré le grand nombre de visiteurs nous avons un curieux sentiment de solitude. Nous parcourons les allées entre les bloks en songeant aux millions de malheureux qui, il y a soixante ans, y marchaient le dos courbé. Les baraques en briques rouges sont sinistres. Dans les blocks, des photos, images, dessins, témoignent des horreurs commises par les nazis. Les mètres cubes de cheveux, les milliers de lunettes, les prothèses, jambes articulées, valises aux noms marqués (pour ne pas être perdues) et autres objets nous empêchent de parler. Nous décidons, bien que certains n'hésitent pas à le faire , de ne pas prendre de clichés en mémoire des hommes, femmes et enfants, martyrisés ici. Pendant une heure et demie, les yeux embués, l'estomac parfois au bord des lèvres, nous parcourons les allées et les blocks où vivaient dans la crasse et couverts de vermine les esclaves du Reich. Nous pensons qu'après des journées de travail harassant ils avalaient une maigre soupe et du pain noir rassis en essayant d'oublier les coups et la mort semés dans la journée par les SS et les kapos.
Après une courte pause nous prenons la direction d'Auschwitz 2 - Birkenau. Nous y découvrons un terrain plat à l'écart des habitations du village polonais. La sinistre voie ferrée passant sous le porche et qui pénètre dans le camp sur plus de cinq cents mètres (ce sera la seule photo que nous ferons). Sur la droite, sur plusieurs hectares, des restes de baraquements au niveau du sol. A gauche, des baraques de briques rouges à un seul niveau subsistent et sont entretenues pour que le souvenir demeure. Au fond du camp, au bout de la voie ferrée se trouvaient les «douches» après lesquelles étaient alignés les crématoires. Ces installations ayant été dynamitées par les allemands avant leur départ du camp n'existent plus. A leur place un mémorial a été dressé. A cet endroit nous avons de la peine à imaginer qu'en un lieu si calme se sont passées des horreurs. Les fantômes des femmes, enfants, hommes, jeunes et vieux, amenés ici de force, éperdus après des jours de voyage dans des conditions effroyables allaient (pour 75%) être dirigés directement vers les douches et les chambres à gaz. Leur sort pourtant peu enviable était-il meilleur ou pire que celui de celles et de ceux qui considérés comme aptes au travail allaient pendant des semaines, des mois, souffrir mille châtiments, privations, manque d'hygiène, avant de mourir d'épuisement ou d'un coup de pistolet d'un SS, lequel aura trouvé que le travail se faisait trop lentement. La visite des blocks où s'entassaient à cinq, sept, par châlit les déportés met une fois encore à rude épreuve notre compréhension du genre humain lequel peut se révéler être fait du meilleur comme du pire.
- Sur le chemin du retour, silencieux, nos esprits vagabondent sur d'autres crimes commis depuis en d'autres endroits, Sabra et Chatila au Liban, les camps et les fosses de Bosnie Herzégovine, le Rwanda et bien d'autres qui malheureusement sont déjà presque oubliés. Dans tous les peuples nous trouverons quand il le faudra des tortionnaires, des kapos, des docteurs Mengele, des Milosevic ou encore des Sadam Hussein. La mémoire ressemble plus souvent à la fumée qui s'étiole dans le ciel sous le souffle du vent qu'à un bloc de granit ou reste gravé au burin le passé.
Après dix jours nous quittons Wieliczka. A midi nous déjeunons dans un restaurant ou l'on fait de la cuisine française. C'est bon. Nous exprimons notre satisfaction en la mentionnant sur une serviette de papier que nous glissons dans le porte menu resté sur la table. En soirée nous trouvons dans un champ, sur une herbe grasse, un endroit pour y poser notre tente. Un polonais passe à proximité. Il nous salue mais ne nous parle pas. Sa curiosité satisfaite il s'éloigne.
- Saouls comme des polonais
- Troisième jour après Wieliczka. Le restaurant est sombre, vieillot, l'hygiène douteuse. Sans plus approfondir nous mangeons correctement. Près de nous trois hommes, dont deux sont ivres. Leurs fréquents déplacements en direction des toilettes nous amusent. La ligne droite, pourtant recherchée, se transforme en slalom. Leur repas est accompagné de fréquentes rasades de vodka. Le troisième homme ne boit pas. Nous espérons que c'est lui le conducteur. A la fin du repas les deux polonais sont tellement saouls que l'homme sobre ne les comprend pas davantage que nous.
Cela fait trois jours que nous n'avons pas pris de douche. Nous cherchons désespérément un hôtel. Un couple de polonais en voiture nous ont proposé de venir loger chez eux mais un coup d'oeil sur la carte nous fait comprendre qu'il faudrait faire un trop grand détour. Nous les remercions pour leur gentillesse. Plus loin, un journaliste d'une gazette locale nous questionne sur notre voyage et prend des photos. Nous lui demandons s'il connaît un hôtel. A quelques kilomètres il y aurait un motel. Il nous demande de ne pas être trop difficiles. Sur place, les chambres sont petites et sous le toit. Il y fait une chaleur humide. Nous prenons quand même. Nous sommes si fatigués que nous n'allons pas dîner. Une bière pour nous rafraîchir et des chips de notre réserve nous suffisent.
- Le lendemain descendus cinq minutes trop tard pour le petit déjeuner nous ne sommes pas servis. Nous partons le ventre creux. Ayant encore une dizaine de kilomètres avant Kielce nous déplions notre table à l'écart de la route et préparons le petit déjeuner qui nous manquait.
A Kielce nous trouvons un hôtel propre à un prix raisonnable. Il n'y a pas de curiosités à visiter mais nous prenons une journée de repos.
- Attention au rendu de la monnaie
- Sur la route qui nous mène de Kielce à Radom nous nous arrêtons dans un petit restaurant très fréquenté par les clients de passage. C'est simple, bon et copieux. Pour le règlement je vais comme tous les autres clients payer à la caisse. Je tends un billet de 100 zlotys. La caissière me rend la monnaie sur 50 zlotys. Je lui fais remarquer son erreur. Elle affirme avoir reçu un billet de 50 zlotys. Elle va même jusqu'à faire voir sa caisse ou se trouvent que des billets de 50 et des petites coupures. Je sais très bien ce que j'ai donné, j'insiste donc. Pour me faire fléchir la femme prend à témoin un homme qui se trouve en attente derrière moi. Il confirme d'une manière embarrassée... Je commence à voir rouge et demande que la caisse de monnaie qui se trouve dans le tiroir soit soulevée. Après hésitation la femme s'exécute. Dessous se trouvent deux billets de 100 zlotys dont un est certainement celui que j'ai donné. Je reçois illico ma monnaie.
En soirée nous nous installons sur un terrain de football. trois gamins (dont un parle un peu l'anglais) viennent nous voir.
- Dans les faubourgs de Radom nous avons une crevaison au pneu arrière du tandem. Le flanc est usé. Nous mettons le pneu de rechange. A peine avons-nous fait un kilomètre que nous entendons une détonation. C'est la chambre à air qui vient d'éclater. Constatation faite le nouveau pneu (acheté à Athènes) est friable sur les cotés et laisse apparaître le maillage acier. Je rafistole le précédent pneu (pas encore jeté) en mettant sur le flan (à l'intérieur) de la bande anti crevaison. Nous repartons sans avoir trop gonflé.
En ville se trouvent trois hôtels avec chacun 3 étoiles (usurpées). Les prix sont de plus inflationnistes. Alors que dînons, le gardien de l'hôtel demande à nous voir. Il aurait constaté un fissure sur la flèche de remorque près de la soudure faite en Slovaquie. Vérification faite c'est exact. Le gardien propose de faire effectuer la réparation demain matin par quelqu'un qu'il connaît.
- Le lendemain matin, la flèche démontée je vais avec l'homme chez son ami. Une soudure est effectuée (pas très bien). Je ne peux rien réclamer le service étant gratuit. Avant le départ j'achète chez un marchand de cycles près de l'hôtel un pneu et d'autres petits matériels pour compléter ma réserve.
Nous devrions arriver demain soir à Varsovie. A la sortie de Radom dans une grande surface nous faisons des provisions pour deux jours. A la sortie du magasin deux hommes sont intéressés et impressionnés par notre périple. L'un d'eux de modeste condition nous offre à chacun une prune qu'il prend dans ses achats. Nous sommes touchés du geste. Lorsque nous partons ils restent sur place en levant la main. Nous leur rendons leur au revoir.
- La nationale est dangereuse. Nous prenons garde de ne pas sortir de la petite bande qui se trouve à droite de ligne blanche continue, d'autant que nous avons remarqué que les conducteurs polonais la chevauchaient le plus souvent.
Nous sommes encore trop loin de Grojec pour espérer y faire halte. Nous trouvons à la sortie d'un petit village une place assez éloignée de la route pour camper.
- Nous pensions partir de bonne heure. Alors que je pose comme d'habitude les sièges pliants sur la flèche je m'aperçois que la soudure effectuée hier n'a pas tenue. Une mince fissure apparaît à nouveau et la flèche bouge dangereusement. Nous allons vers des maisons de l'autre coté de la voie express pour y demander de l'aide. Devant l'épicerie buvette je demande à trois hommes, plus par gestes qu'en parlant s'ils connaissent quelqu'un avec un poste à souder. L'un d'eux cultivateur, qui habite à coté peut nous faire la soudure mais après avoir récupéré son poste qu'il a prêté. A son retour nous entrons dans la cour de la ferme qui est encombrée d'objets divers. Une femme (70 ans environ) lave du linge. Nous comprenons que c'est la mère du cultivateur. La soudure est grossière mais cela semble plus solide que la précédente. L'homme est bourru mais ayant bon coeur il ne veut pas être payé. Nous lui offrons une bière ainsi qu'à l'homme qui nous a accueilli; Retardés par ces contretemps nous démarrons à midi sous un soleil de plomb.
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| | - A Grojec nous trouvons un hôtel 3 étoiles. La chambre est agréable. La télévision capte France 2. C'est le luxe.
Le lendemain matin, bien reposés, nous avons un petit déjeuner copieux. Bernadette se contente de ses éternelles tartines de beurre et de confiture. elle se régale pouvant griller son pain. Au moment de régler le patron de l'hôtel minore la note de 15 zlotys arguant que Bernadette a peu mangé. C'est tellement rare que nous avons envie de le noter.
- Avant d'entrer dans Varsovie nous avons une nouvelle crevaison à la roue arrière du tandem. Le pneu a eu une nouvelle faiblesse hors bande anti crevaison. Je le remplace par le neuf.
A Varsovie nous cherchons longtemps le camping que notre carte indique. Sans l'aide d'une jeune fille qui est à bicyclette et qui nous guide nous n'aurions sans doute pas trouvé. Non loin du centre ville (dans un parc), le camping est ancien et ses installations sont mal entretenues. |
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- Le centre historique de Varsovie, complètement détruit pendant la seconde guerre mondiale a été reconstruit à l'identique. Il est plaisant de s'y promener. De s'attabler aux terrasses pour y déjeuner ou prendre un verre. Les gens flânent. Il est à noter qu'il s'y trouve des restaurants, pas toujours très bons et aux prix plus élevés par rapport au reste de la ville. Dans l'un d'eux, mécontents nous n'hésitons pas soustraire quelques zlotys de l'addition. Notre air déterminé n'autorise aucune réclamation de la part du personnel. L'immeuble le plus laid que nous voyons à Varsovie est building carré aux multiples étages avec une flèche en son haut. S'il est présent sur de nombreuses cartes postales il est de près une horreur.
Cinq jours à Varsovie nous suffisent. Nous sommes heureux de reprendre la route. |
| | - Avant de partir nous bourrons nos sacoches et la remorque de provisions. Nous pensons faire quelques campings sauvages.
A la sortie de Varsovie, un cycliste bardé de sacoches nous rejoint. C'est un allemand qui fait l'Europe du Nord pendant ses vacances. Nous échangeons nos adresses internet et il repart à sa vitesse. Il sera à Berlin que nous nous serons encore en Pologne.
- En soirée nous traversons plusieurs villages. Leurs habitants sont froids. Les maisons sont clôturées. Nous désespérons de trouver un endroit pour camper. Alors que nous longeons une petite foret, bordée elle aussi de grillage nous voyons un chemin forestier ouvert. Je vais voir en reconnaissance. A plus de trois cents mètres dans une minuscule clairière se trouve un endroit plat et herbeux. Nous nous empressons d'entrer dans le bois sans nous faire remarquer. L'installation s'effectue sans problème.
Nous avons du mal à nous arracher au sommeil compte tenu du silence qui nous entoure. Nous savourons le moment du petit déjeuner. A 10 heures nous sortons de notre cachette. En traversant les villages nous faisons la curiosité des paysans qui nous regardent comme si nous étions des petits hommes verts mais nous n'avons droit à aucun bonjour, pas même un sourire.
- A midi dans un restaurant l'accueil est nul. On ne fait aucun effort pour nous comprendre. Les commandes sont faites à l'aveugle. Ce n'est pas formidable et il faut payer d'avance (il vaut mieux pour eux). Le comble c'est qu'il faut payer 1 zloty pour aller aux toilettes même pour se laver les mains.
Accueil froid et tiède
- Dans l'après-midi sentant la fatigue nous gagner nous cherchons un endroit pour camper. Un petit bois (comme hier au soir) semble convenir mais l'allée forestière est barrées par un arbre couché (geste délibéré pour empêcher toute intrusion). Plus loin, nous faisons la curiosité des habitant d'une maison. Nous faisons connaître notre souhait de camper mais on ne nous offre pas l'hospitalité. Du bout des doigts on accepte de nous remplir nos bidons d'eau. De retour près de l'allée forestière Bernadette va en reconnaissance dans le bois. Pendant son absence une voiture s'arrête près de moi. C'est la fermière de tout à l'heure avec une autre femme (qui est belge et en vacances dans la famille). La fermière (sans doute prise de remords) nous invite à camper sur sa pelouse. Au retour de Bernadette (qui dit avoir trouvé un emplacement) nous hésitons. Le fait que l'on soit venu nous chercher nous incite à accepter mais à conditions d'aller près de l'étang situé à cent mètres de la maison. A l'arrivée à la ferme nous sommes accueillis avec chaleur. On nous propose, douche, café, thé, vodka, à manger. Bernadette accepte un verre d'eau puis un petit verre de vodka et mange deux bonbons. Plus gourmand (et ayant faim) je prends un verre de thé, deux petites vodkas, du pain avec de la tomate et du jambon. Se trouvent autour de la table l'homme que nous avons vu plus tôt, la femme belge, son gendre , sa fille et le petit fils. D'autres personnes de la ferme vont et viennent. Après une demi-heure de discussion (la traduction est assurée par la femme belge d'origine polonaise) nous demandons à nous installer. Le jeune couple belge nous accompagne jusqu'à l'étang près d'un petit bois. Ils sont heureux de parler français. Sans le dire nous devinons qu'ils s'ennuient. Après avoir écarté des bouses de vaches sèches nous installons la tente.
Le lendemain matin au moment du départ nous ne faisons pas de photos avec les fermiers qui sont pourtant venus nous dire au revoir. L'accueil n'a pas été suffisamment spontané pour que nous en gardions le meilleur souvenir.
- En ce dimanche la circulation est fluide. Nous arrivons rapidement à Kutno et trouvons un motel aux prestations correctes. Nous nous séparons de notre fatigue et de notre crasse de deux jours.
La route de Varsovie à Berlin est très fréquentée pas les camions (deux camions pour une voiture). C'est l'axe venant de Russie vers l'ouest de l'Europe.
- Après une quarantaine de kilomètres nous avons envie de nous arrêter. Les visages renfrognés des habitants ne nous incitent pas à demander asile.
Prenant un chemin nous trouvons un petit bois ou nous sommes un peu cachés. Alors que nous terminons l'installation Bernadette me fait remarquer que nous sommes observés par un homme dissimulé sous les frondaisons à une centaine de mètres. Ne sachant pas s'il s'agit du propriétaire du terrain ou d'un curieux je vais à sa rencontre. A peine ai-je parcouru quelques mètres à découvert que l'homme prend sa bicyclette et s'en va sans attendre. L'incident est clos.
- La journée tire à sa fin lorsque nous arrivons à Slupca. Dans le centre ville un polonais s'informe de notre route. Comprenant que nous cherchons un camping il nous guide avec sa voiture. Hélas le camping est fermé depuis plusieurs années. A coté se trouve un hôtel minable et sale. Les gérants ont des mines peu engageantes. Nous remercions notre guide qui à l'évidence pensait nous rendre service. Tout près de la là se trouve un petit lac bordé de bois. Un cycliste s'offre à nous aider. Il nous explique qu'il serait dangereux de camper à cet endroit à cause des marginaux qui y rôdent. Après avoir un peu hésité il nous propose de nous emmener dans son jardin. Trois kilomètres plus loin nous arrivons à des jardins ouvriers. Celui de notre homme est pourvu d'une petite maisonnette. Il fait nuit. L'homme nous propose (au lieu d'installer la tente) de dormir dans le petit bâtiment. Nous sommes fatigués cela nous arrange.
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| - Pourvu qu'ils n'aient rien senti
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| - Notre hôte arrive ce matin en compagnie de sa femme et de son fils. Il nous apporte des petits pains frais mais nous avons déjà pris le petit déjeuner. Ils restent une heure et demie à discuter. Nous comprenons que cela leur fait plaisir et nous n'écourtons pas. Pourtant nous sommes pressés... En effet, quelques minutes avant leur arrivée un besoin naturel m'a obligé à m'isoler derrière la maisonnette (qui ne dispose pas de commodités) et à me soulager les intestins dans un sac plastique (sac que je projette de jeter à la première occasion dans un endroit approprié). Le sac doublé a été déposé dans une sacoche du tandem. Pendant la conversation j'ai déplacé le tandem jusqu'au portillon du jardin afin de l'éloigner de la table autour de laquelle nous discutons. Au moment du départ tout le monde se presse autour du tandem ou la conversation se tient encore quelques minutes. J'échange des regards furtifs avec Bernadette en essayant d'épier sur les visages quelques questions sur les odeurs suspectes planant dans l'air. Nous ne saurons jamais si un doute les a effleurés sur notre propreté corporelle ou s'ils pensaient à une odeur vagabonde venue d'ailleurs...
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| | - A Vrzesnia nous nous arrêtons dans un camping aux installations spartiates avec un prix en rapport (21 zlotys pour deux jours).
- Les immeubles anciens donnent une idée de l'opulence qu'a pu connaître la cité. Les façades aujourd'hui décrépies laissent entendre qu'on y vit sous un seuil en dessous de celui d'autrefois. S'y trouvent deux belles églises et un Hôtel de Ville en briques rouges. Ce dernier a un beffroi avec horloge. Les rues du centre et la grande place centrale sont de bel aspect. Les commerces ont chacun leur spécificité. Un petit marché en périphérie vend les produits nécessaires à la vie courante et de l'habillement. Parmi les restaurants nous allons dans le plus sélect. Le service y est parfait et c'est bon.
En ce 15 août personne ne travaille même pas le réceptionniste du camping qui nous a demandé de déposer la clé des sanitaires (remise à chaque campeur) dans la boite aux lettes. Il est vrai que seuls trois emplacements (nous compris) sont occupés.
- A environ 20 kilomètres de Poznan une voiture immatriculée en Pologne s'arrête devant nous. L'homme qui en descend nous fait signe de nous arrêter. Il est français et se présente comme un responsable du groupe Accor. Il procède à l'installation d'hôtels Ibis en Pologne. Après nous avoir questionnés sur notre voyage il nous propose une nuit gratuite à l'hôtel Ibis de Poznan. Il ne sera pas là ce soir mais il retient une chambre pour nous. Nous le remercions avant de le voir partir dans la direction opposée à la notre. Il a fait demi tour exprès en ayant aperçu le drapeau français flottant sur la remorque.
Le vent ne nous retient plus. Nous arrivons à Poznan comme si nous avions des ailes. L'hôtel est fléché. Une chambre est effectivement retenue à notre nom. Notre matériel garé en sous-sol nous prenons possession de la chambre. Nous avons quatre chaines françaises. Que demander de mieux ?
- La ville de Poznan est riche. Par le passé elle l'a peut-être été davantage comme en témoignent les nombreux édifices du centre. Point de rencontre et de commerce en Pologne avec les pays environnants elle a plusieurs foires et grandes réunions annuelles. De larges artères la traversent. La vieille place avec son beffroi qui s'élève au dessus du musée ne manque pas de charme. On regrette que des immeubles plus récents sans architecture significative et vieillissant mal aient été construit en son milieu. Les églises sont remarquables, notamment celle de Notre Dame de Bon Secours, un joyau. Les peintures restaurées sont magnifiques. De nombreux restaurants de catégories diverses présentent des menus variés et de prix abordables. Nous nous faisons un plaisir en dépensant 300 zlotys dans l'un des meilleurs.
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| | - A la réception de l'hôtel Ibis lorsque nous voulons régler la deuxième nuit et les petits déjeuners on nous dit que le directeur Sébastien Denier nous offre la totalité de notre séjour. Nous remettons à son intention un petit mot sous enveloppe pour le remercier de son amabilité.
Quatre jours nous séparent de Kostrzyn ville frontalière avec l'Allemagne. Nous y arrivons non mécontent de notre passage en Pologne mais un peu à la recherche de la gentillesse que nous avions entendu dans de vieilles histoires d'amour entre la France et ce pays.
Reviendrons-nous en Pologne ? |
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