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AUSSI MONTAGNEUSE QUE LA SUISSE

ESPAGNE - TANDEM 732 KILOMETRES - TRANSPORT EN VEHICULE 350 KILOMETRES

  • C'est aussi dur que c'est beau

  • L'arrivée à Port Bou première localité espagnole se fait sur les rotules.

Les paysages qui défilent sont superbes mais nous payons cher nos coups d'oeil par de grosses suées, les montées étant longues et rudes.
  • Dans les descentes nous devons être prudents, le poids de la remorque nous poussant et les nombreux virages nous empêchant de prendre de la vitesse. Nous trouvons un hôtel de bonne tenue (seul inconvénient les toilettes sont sur le palier).


Le départ de Port Bou est terrible. Dès la sortie de l'hôtel la route monte. Nos muscles encore endoloris des efforts d'hier sont mis à rude épreuve. Nous peinons plus d'une heure et demie pour arriver au sommet d'un col à 202 mètres. Seule récompense, des paysages de cartes postales. Moins drôle nous redescendons au niveau de la mer.
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  • Un petit air du pays


  • Alors que nous amorçons les derniers virages d'une descente une voiture immatriculée en Loire Atlantique nous dépasse. Le conducteur ajuste son rétroviseur et nous fait un signe de la main. Quelques centaines de mètres plus loin nous voyons le véhicule arrêté sur un terre plein. Nous stoppons aussi. Nous reconnaissons le couple. Il s'agit de M. et Mme Delaunay qui tiennent une boucherie à La Haye Fouassière, notre commune. Ils sont heureux de nous rencontrer et ils le diront en rentrant au pays.

A midi nous déjeunons d'une paëlla dans un petit restaurant à El Port de Llanca. C'est copieux et malgré notre appétit nous ne terminons pas.


  • Notre halte du soir est prévue à l'Escala. Le dernier col franchi nous voyons la Baie de Rosa. Nous descendons là encore en faisant attention malgré notre envie de rejoindre le sol plat.

  • Malgré nos vigoureux coups de pédales nous mettons plus de temps que nous le pensions pour arriver au bout de la baie de Rosa. Ce soir nous sommes attendus chez Colette et Jean Hennuy (français rencontrés au camping de Sofia en Bulgarie) qui possèdent une maison à l'Escala. Par téléphone nous avertissons nos hôtes de notre progression.


Il nous reste environ une vingtaine de kilomètres avant d'arriver lorsque Bernadette (qui a l'oeil partout) me signale qu'une voiture nous suit depuis plusieurs centaines de mètres avec ses warning allumés. Nous reconnaissons Colette et Jean. Après les salutations nous reprenons la route. Moins d'une demi-heure plus tard la nuit est tombée. A l'arrière nous sommes protégés par le véhicule. Est-ce l'odeur de l'écurie ou un léger vent arrière mais nous filons bon train comme si nous commencions la journée.

  • Colette et Jean nous ont réservé une chambre à l'étage de leur villa. Se trouve chez eux Henriette la maman de Colette. C'est une alerte octogénaire pleine d'humour. La soirée se prolonge agréablement jusqu'à minuit.


La journée suivant Colette nous montre les environs et les curiosités à visiter.
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  • Après ce sympathique accueil nous prenons congé de Colette et de Jean sans oublier Henriette. Nous nous installons pour quelques jours dans un camping à la Pointe de l'Escala.


Lorsque nous quittons l'Escala nous roulons sur une plaine côtière. Sans le vent de face tout irait bien. A Palamas le camping est fermé, plus loin d'autres le sont aussi. La saison estivale est terminée. A Platja d'Aro nous avons enfin un camping ouvert. C'est un 3 étoiles. Le sol est sans herbe mais propre et après avoir enlevé les petits cailloux nous sommes bien.

  • Le lendemain après une nuit reposante nous nous préparons doucement. Pendant que je termine de ranger les dernières affaires dans la remorque Bernadette va régler le camping. Il est déjà 11 heures.


Les dix premiers kilomètres sont encore faciles. A Sant Féliu de Guixols nous nous trompons de route et faisons un grand détour. Pour notre malheur la route est en travaux et il nous faut souvent marcher et pousser. C'est la rage au coeur qu'une heure plus tard nous repassons sur le quai d'ou nous sommes partis. La bonne route démarre en montée sur plus de trois kilomètres. Elle redescend au niveau de la mer puis nous ramène en corniche. C'est fatigués et les genoux douloureux que nous arrivons à Tossa de Mar. Hélas les campings sont fermés depuis le 30 septembre. On nous en indique un à trois kilomètres dans les terres. Sur place le gérant, sans amabilité, nous dit que son camping est fermé aux touristes, seuls les vacanciers résidents sont admis. Je lui demande pourquoi alors un panneau, sur la route, indique le camping Il me répond que cela le regarde et qu'il fait ce qu'il veut chez lui.  Nous avons rencontré un connard. Nous avons la preuve qu'il en existe dans tous les pays. Fatigués et ne voulant pas aller plus loin nous plantons la tente sur un terrain herbeux près de l'entrée du camping.

  • C'est à Lloret de Mar à quinze kilomètres plus loin seulement que nous trouvons un camping. Lors des formalités je m'aperçois que je n'ai pas ma carte d'identité. Elle n'a pas été rendue à Bernadette hier matin. Le réceptionniste téléphone au camping de Platja d'Aro. La carte est bien restée là-bas. Elle sera expédiée par le premier courrier. Nous n'avions pas envie de rester plus d'une journée à Lloret de Mar mais cas de force majeure oblige.


  • Lloret de Mar - usine à touristes et repaire de voleurs


  • Dans l'attente de la carte d'identité nous nous mélangeons aux nombreux touristes de la station balnéaire de Lloret de Mar. La ville n'est pas très jolie avec ses hauts immeubles. De nombreux hôtels, de toutes classes, avalent et vomissent, par autocars entiers les vacanciers du troisième âge (dont une majorité de nationalité allemande). La promenade du bord de mer est l'endroit que nous préférons.

Le troisième jour alors que nous revenons d'une de ces sorties nous découvrons que notre toile de tente a été visitée. Les sacoches avant du tandem ainsi qu'un sac à dos ont disparus.  La réception du camping étant fermée je m'informe auprès des autres campeurs s'ils ont vu quelque chose de suspect. Hélas, tout le monde était comme nous en promenade. Nos soupçons se portent sur un allemand (qui vit dans un vieux combi Volkswagen) et qui vient régulièrement prendre des douches au camping avec deux ou trois autres acolytes (et alcooliques). Ils pénètrent dans le camping par une porte située à l'arrière sans être vus de la réception.


  • Le lendemain lorsque la réception du camping ouvre je signale le vol. Le réceptionniste me dit qu'un jeune couple de français s'est aussi fait voler. Au commissariat la fonctionnaire qui prend ma plainte me dit avec franchise que Lloret de Mar est truffée de voleurs à la tire qui profitent de l'affluence des vacanciers. Il y a peu d'espoir pour que nos affaires soient retrouvées. A la sortie je rencontre les jeunes français lesquels expliquent que le voleur a découpé au couteau la capote de leur véhicule et pris tous leurs vêtements ainsi que l'appareil photos numérique. Dégoûtés ils reprennent le chemin de la France.

En soirée l'allemand au combi Volkswagen vient prendre une douche avec un autre marginal. Le réceptionniste appelle la police mais celle-ci n'ayant pas l'autorité pour fouiller le véhicule l'homme est questionné mais pas inquiété. Il est à penser que les objets dérobés ne sont déjà plus là.


  • Nous restons deux jours encore au cas ou la police trouverait notre larron. Mais rien...

A Callela nous rencontrons deux jeunes américaines qui font à vélo Avignon-Barcelone. Elles sont anti-Busch et le font savoir tout haut. Habitant Chicago elles nous invitent à passer chez elles au cas ou nous visiterions cette ville. Une française (originaire de Quimper) mariée à un espagnol s'intéresse à notre voyage et nous souhaite bon voyage. Une autre dame originaire de Bouguenais Les Couets (Loire-Atlantique) mais habitant le Tarn vient parler aussi un bon moment avec nous.


  • En fin d'après-midi nous trouvons un camping à El Masnou. Les jeunes américaines sont au bord de la piscine. Elles ont pris un bain pour se relaxer. Pour nous l'eau est trop froide.

Le camping mentionné à Bandalona dans la banlieue de Barcelone est introuvable. De plus l'endroit est hideux et crasseux. Nous préférons continuer. Entrés dans Barcelone nous passons près de la colonne sur laquelle est érigée une statue de Christophe Colomb. Cherchant à sortir de la ville (que nous connaissons déjà) nous prenons la direction de Sitges ou nous voulons faire halte. L'itinéraire arrive sur une autoroute. Dans nos rétroviseurs nous voyons approcher un policier à moto qui à notre hauteur nous fait signe de nous arrêter. Avec amabilité il nous invite à faire demi-tour, ce que nous faisons avec la plus grande prudence.  De retour en ville nous sommes renseignés à plusieurs reprises par des policiers et nous trouvons enfin la bonne direction mais nous sommes trop loin de Sitges pour y arriver ce soir. A Castelldefels nous cherchons sur le bord de mer mais nous ne trouvons pas de camping. La route reprise nous repérons (entre la voie ferrée, l'autoroute et la route) une sorte de lande camouflée par des sapins. Le bruit est continu mais nous n'avons pas le choix car la nuit va tomber.


  • L'humidité de la lande plus de petites averses cette nuit ont rendu humides les deux cotés de la toile de tente. Heureusement ce matin un soleil généreux sèche rapidement tout cela.

Les vues de la corniche sont très belles ce qui nous récompense de nos efforts. Notre progression est rendue dangereuse par de nombreux camions qui se rendent ou viennent de carrières dans la région. A mi-chemin de Sitgesla roue arrière du tandem crève. Le pneu est usé alors qu'il a été posé neuf à Montélimar. Le marchand de cycles m'a vendu de la merde au prix de la qualité. Je prends le pneu de la roue de secours.


  • Une Catalogne libre "pourquoi" ?


  • Les campings à Sitges ne sont pas au bord de mer. Une jeune femme nous en indique un à quatre kilomètres dans les collines. Nous la remercions et pour être aimables nous lui posons des questions sur la Catalogne. Nous nous apercevons vite que c'est une indépendantiste acharnée, niant aux espagnols les droits qu'ils pourraient avoir sur la région. Elle affirme que la Catalogne est une nation au même titre que la Slovaquie et la Tchéquie et que l'état espagnol est en territoire catalan comme pays colonialiste. Après une heure et plusieurs tentatives nous réussissons à partir. Montserrat (c'est le prénom de la jeune femme) compte tenu de sa passion nous laisse à penser que nous n'avons pas perdu notre temps. Suivant ses indications nous trouvons le camping à Villanova i la Geltru. C'est propre et les emplacements sont bien délimités. Cela vaut les 22 € demandés. Nous faisons une halte de quatre jours.

Le camping est surtout peuplé de hollandais et d'allemands. S'il s'y trouve des français ils sont bien cachés.

  • Le deuxième jour j'en rencontre un. Il est en camping-car avec son épouse. Le couple s'intéresse à notre voyage et au matériel d'autant qu'ils sont aussi tandémistes (leur engin est à faire pâlir le notre avec ses tubes aluminium et freins à disque). Nous terminons nos explications dans le camping-car en prenant l'apéritif et en dégustant un excellent saucisson que produit Jean Marie qui est charcutier en Auvergne.


Quittant Villanova i la Geltru nous passons Coma-Ruga une station balnéaire pratiquement vide.

  • A l'entrée de Taragona nous délaissons le camping pensant en trouver un autre plus loin. Hélas la ville passée les kilomètres se succèdent sans camping. La nuit approchant nous cherchons aux abords de la nationale un endroit pour camper mais rien n'y est propice. Dans la pénombre nous trouvons enfin une place près d'une haie. Nous camouflons la tente et le matériel sous les arbres. Ce n'est pas l'endroit idéal. A proximité se trouvent des usines traitant des produits chimiques mais comme ils fait nuit...


Au matin nous ne nous attardons pas. La tente est pliée humide. Après vingt kilomètres nous trouvons un camping de 1ère catégorie (3 étoiles). Nous nous y installons sans savoir pour combien de jours. Le camping de Montroig a des sanitaires neufs et chauffés. Bien que la saison soit avancée le supermarché, une boutique et le restaurant sont encore ouverts. Nous y sommes tellement bien que nous y restons 8 jours.

  • Lors de notre départ le temps est incertain. Nous roulons bientôt sous la pluie. Après avoir longuement cherché nous trouvons dans la petite ville d'Ampolla un camping vieillot. Il est tenu par une anglaise installée là depuis plus de 35 ans. Elle loue des bungalows de bois à 39 €. Je réussis à en avoir un pour 30 €. Lorsque je dis cela à Bernadette elle va renégocier et revient avec une nouvelle baisse de 5 €. Elle a refusé les draps proposés (nous avons nos sacs à viande et nos duvets). La pluie qui tombe drue courre sur le terrain. Il pleut encore pendant deux heures. Nous nous félicitons de notre choix.


Vers 22 heures la patronne du camping vient nous dire que les prévisions météo pour demain seront bonnes. Elle nous apporte aussi une photocopie de la carte du delta de l'Ebre ou dit-elle le paysage est magnifique. C'est dans le calme absolu que nous nous endormons.

  • Les averses de la nuit n'ont pas perturbé notre sommeil. Au moment de partir la patronne du camping sort de chez elle et nous souhaite bon voyage.


  • Le delta de l'Ebre


  • Les dernières maisons d'Ampolla passées nous prenons en direction du delta. Des rizières s'étendent jusqu'à la mer et loin vers le sud. Tous les terrains sont inondés pendant plusieurs kilomètres. De temps à autre un abri, plutôt qu'une petite maison, peint en blanc, permet aux ouvriers agricoles de prendre leurs repas et de dormir pendant les plantations et les récoltes du riz. De nombreux oiseaux, surtout des échassiers dont des hérons, cherchent leur nourriture. La petite route plate est exempte de circulation. Le silence est agréable et reposant.

Au village de Deltebre nous prenons un bac pour traverser le cours principal de l'Ebre. Il nous en coûte 2 €. Après avoir accosté à San Jaume d'Enjeva nous prenons toujours en terrain plat la direction de San Carles de Rapita ou nous déjeunons.
A la sortie du restaurant la roue avant du tandem est à plat. Je change la chambre. Un minuscule fil de métal se trouve à l'origine de la crevaison. Six kilomètres plus loin nous avons un camping. Il est mal tenu et il n'y a pas d'eau chaude pour la douche.


  • Le bruit de la mer ne nous a pas empêchés de dormir malgré un ressac important.

Vers 1' heures nous déjeunons non loin d'une usine. les ouvriers qui reprennent leur travail après la pause sont surpris de nous voir bien installés à notre table et assis sur nos pliants.


  • Après un camping sauvage et une journée sans histoire nous arrivons à Bénicassim. Une place nous est imposé au camping alors qu'une grande majorité des emplacements sont libres. Je choisis quand même celui qui nous convient.

Pendant les quatre jours que nous restons à Bénicassim nous nous réglons sur les espagnols. L'ambiance des fins d'après-midi et les soirées sont festives. Les gens se rencontrent sur les trottoirs, discutent, entrent dans les bars à tapas. Les restaurants sont souvent bondés et trouver deux places relève parfois de l'exploit.


  • Quittant Bénicassim nous roulons sur des petites routes avant et après Castello de la Plana, la nationale 340 étant très chargée. Nous regrettons un peu ce choix car la chaussée est souvent déformée et que nous n'avons personne pour nous renseigner aux intersections.  Le seul avantage est de nous trouver parmi les orangeraies. De temps à autre nous profitons d'arbres qui dépassent des clôtures pour chaparder quelques fruits.

A Moncoffa le camping est ouvert. L'accueil y est aimable et nous trouvons des places à l'abri du vent. Les sanitaires sont impeccables et chauffés.


  • Avant d'arriver à Valencia la route se transforme en voie express avec panneaux interdisant l'accès aux vélos. Nous traversons des villages aux indications floues. Après avoir traversé Valencia nous ne trouvons pas la route qui mène au camping qui théoriquement se trouve en sortie d'agglomération. Comme il fait nuit nous allons à l'hôtel. Cela nous coûte 60  €, petit déjeuner compris. Par chance le lit est bon et nous avons ARTE.

Curieusement nous avons mal dormi à cause du trop bon lit et du silence absolu. Avant de partir nous faisons copieusement honneur au buffet du petit déjeuner.


  • Suivant les indications qui nous sont données nous arrivons un moment au pied d'une passerelle qui permet de franchir une voie ferrée. Heureusement elle n'est pas pourvue de marche mais d'une rampe (la pente accentuée nous donne bien du mal) qui nous évite de faire un détour de trois ou quatre kilomètres. A partir de là nous sommes sur une route qui longe la mer. Nous passons près du camping que nous cherchions hier au soir.

La nature au départ de Valencia n'est pas très jolie (plaine inondées, étangs d'eau salée). Le paysage redevient plus agréable lorsque nous retrouvons les orangeraies. Nous trouvons dommage du peu de cas que font les gens de leur environnement. Des déchets de toutes sortes traînent au sol et dans les fossés, (bouteilles et sacs mais aussi carcasses d'appareils ménagers, vieux meubles...). Nous nous croyons revenus aux plus mauvais jours de l'Italie du sud.


  • Nous arrivons à Gandia de nuit mais nous trouvons sans difficulté le camping situé près de la plage.  L'emplacement nous est facturé 20 €. Nous ne pouvons même pas discuter le prix faute de concurrence.

En ce dimanche à Gandia pratiquement tous les commerces sont fermés. Le seul restaurant ouvert est... un chinois. Le lundi nous n'avons pas envie de repartir. Nous paressons ainsi toute la semaine. Autour de nous les campeurs (en camping-car ou caravanes) sont installés pour plusieurs semaines voire pour plusieurs mois. Ce sont essentiellement des hollandais, allemands et suisses. Avec notre toile de tente nous faisons un peu tâche surtout que les nuits deviennent de plus en plus fraîches. Pour éviter d'avoir froid nous achetons un petit radiateur électrique soufflant. Du coup nous sommes obligés de dormir hors de nos duvets.


  • Le 16 novembre nous reprenons enfin la route. La dame suisse installée près de nous semble peinée de nous voir partir. Il est vrai qu'Elisabeth est d'une grande gentillesse.
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  • A Teulada le camping n'est pas chauffé. Les sanitaires sont plein de courants d'air. Nous négligeons de prendre la douche lorsque nous arrivons à la nuit tombée.


Lorsque nous arrivons à Bénidorm nous pensons aller à l'hôtel mais aucun n'a de place pour garer en sécurité notre matériel. Nous cherchons donc un camping. C'est au second et à la nuit tombée que nous nous installons.

  • Bénidorm

  • Ville de vacances Bénidorm est peuplée en cette saison de personnes du troisième âge. Avec ses immeubles en hauteur elle n'a pas beaucoup de charme. Seule la plage trouve grâce à nos yeux. Après cinq jours nous pensons y avoir suffisamment séjourné.
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  • Boum patatra crac...


  • Dimanche 21 novembre - En ce dimanche tout s'annonce bien. Après une grasse matinée nous prévoyons d'aller au restaurant pour déjeuner. Bernadette qui a mis un pantalon à tremper au lavoir y retourne pour le laver...PATATRA!!! BOUM!!! CRAC!!! AIE!!!.
Assis , tranquille à lire le journal je me retourne et aperçois Bernadette qui est au sol et gémit. La relevant je l'entends se plaindre de son bras gauche qu'elle dit s'être cassé. Elle a aussi quelques égratignures aux genoux. Prise de vertiges elle semble perdre connaissance. Des campeurs qui se trouvent près de nous viennent pour aider. Certains apportent (croyant que ce ne sont que des contusions des glaçons). Un couple de français, habitant le Var, nous emmène dans un hôpital (privé) proche. Il y est diagnostiqué une fracture au-dessus du poignet. La fracture doit être réduite et plâtrée pour immobiliser. Bernadette préfère être seule pour l'opération. Un quart d'heure plus tard c'est terminé. Nous allons tout de même déjeuner au restaurant avec Régine et Pierre. Bernadette fait bonne figure malgré le mal. Vers 16 heures nous rentrons au camping ou le couple nous convie à sa caravane. Nous continuons à discuter quelques instants.
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  • Notre départ de Bénidorm est compromis. Nous y restons plus de six semaines à cause des visites nécessaires pour vérification et consolidation. Par ailleurs Bernadette ne se sent pas capable de tenir le guidon et de forcer dans les cotes.
Pour occuper notre temps nous faisons des balades en voiture dans les environs avec Régine et Pierre qui ont la gentillesse de nous emmener avec eux. Nous aimons particulièrement la petit ville d'Altéa toute proche avec ses rues étroites en pente. Nous la préférons de loin à Bénidorm. Pour que nous puissions suivre les informations et avoir un peu de musique Régine et Pierre nous prêtent un poste de radio.


Ce vendredi  10 décembre nous fêtons notre 38ème anniversaire de mariage en allant au restaurant. Nous nous remémorons celui de l'an dernier passé à Goa en Inde et le dîner offert par Jai Rao.

  • Ce même jour Régine et Pierre nous quittent pour aller passer cinq semaines en Guyane. Nous ne les reverrons pas avant notre départ. Nous leur disons un grand merci pour leur gentillesse.
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  • 23 décembre nous tentons une sortie à tandem pour aller jusqu'au magasin Carrefour de l'autre coté de Bénidorm. Nous y faisons nos achats pour Noël. En cadeau nous nous achetons un appareil photos numérique.

De retour au camping nous installons sur la tente une guirlande électrique clignotante. Il est inutile de dire que nous faisons fureur. Nous sommes d'ailleurs les seuls dans le coin à en avoir déployée une.


  • Curieuse soirée que ce 24 décembre. Nous pensions que les gens se regrouperaient (par affinités) pour prendre un verre et fêter Noël. Non rien de cela. Tout le monde s'enferme et se calfeutre chez soi avec semble-t-il la crainte que quelqu'un ne vienne y voir ce qu'ils ont à mettre dans leurs assiettes. Nous, nous préparons à la vue de tous notre table. Ce n'est que plus tard, lorsque tout le monde est caché que nous entrons dans l'avancée de la tente pour y dîner aux chandelles et boire du champagne dans des flûtes (d'arcopal à défaut de cristal) spécialement achetées pour l'occasion.

26 décembre. Le vent est fort et glacial. Nous nous levons tard. Grâce au petit chauffage électrique nous n'avons pas froid. Je vais seulement au lavoir nettoyer un peu de linge. Heureusement l'eau est chaude. Nous déjeunons en ville.


  • 27 décembre. C'est notre dernier jour à Bénidorm. Plusieurs semaines sur place nécessitent une nouvelle répartition des affaires sur le tandem et dans la remorque. Comme d'habitude au moment de fermer cette dernière nous faisons l'étonnement des voisins (qui pensaient réellement que nous n'arriverions pas à fermer).

28 décembre. La température est de seulement 4°. Lors du règlement de notre note de camping nous avons la surprise de payer beaucoup moins cher que nous le pensions. On nous a fait le même prix qu'aux résidents de longue durée (parce que nous sommes restés plus d'un mois).


  • Le manque d'entraînement se fait sentir. Par ailleurs le bras gauche de Bernadette toujours plâtré la gêne quelle que soit la position adoptée et elle a mal au dos.

En cours de route une française de Haute Savoie nous arrête pour nous dire son admiration. Son mari nous apporte des mandarines pour la route dit-il. Après une dizaine de minutes nous repartons. Il était temps car le froid nous saisissait.


  • Nous négligeons le camping de El Campello. Mal nous en prend. Nous devons aller jusqu'à Alicante ou heureusement dans les faubourgs nous trouvons un hôtel une étoile (42 € petit déjeuner compris). L'hôtel n'ayant pas de restaurant je vais faire des courses et nous dînons bien au chaud dans la chambre.

Nous atteignons Santa Paula vers 15 heures. Après nous être installé au camping situé à un kilomètre du centre ville nous allons faire un tour. Les illuminations nous réchauffent le coeur à défaut du corps. Nous traînons comme les espagnols dans les rues. Nous dînons de nos courses bien au chaud dans la toile de tente. Le changement de température nous rosit es joues.

  • Torrevieja. Nous avons hâte de quitter le camping aux installations délabrées. Heureusement il y a quand même de l'eau chaude aux douches. Par ailleurs l'accueil est aussi désagréable que si nous étions en prison.


31 décembre - En ce jour de la Saint Sylvestre nous ne voulons pas nous arrêter trop tard. Nous trouvons heureusement à Los Alcazares, une bourgade assez importante, un camping bien aménagé. Ce soir nous ne réveillonnons pas mais après un potage bien chaud nous savourons deux belles tranches de jambon.

  • Nous laissons passer les deux premiers jours de l'année avant de repartir.


  • A Cartagena nous ne trouvons pas de camping. Nous continuons vers Mazarron encore distante de 37 kilomètres. La route nous réserve plus de difficultés que nous en attendions. A plusieurs reprises nous sommes obligés de descendre et pousser (ce qui n'est pas aisé avec le bras de Bernadette toujours dans le plâtre). Après une descente aussi dangereuse que l'était la montée nous arrivons à Puerto Mazarron où nous trouvons un camping. La nuit est tombée depuis un moment. La tente montée et l'électricité branchée nous sommes enfin bien au chaud. Après un dîner rapide nous nous endormons sans nous en apercevoir.

  • L'accident que nous craignions depuis notre départ nous arrive

Après avoir le petit déjeuner dans un restaurant de Puerto Mazarron nous prenons la route d'Aguilas


  • La route monte pendant quatre ou cinq kilomètres sans que ce soit trop difficile. Ayant faim nous cherchons un endroit pour nous arrêter à déjeuner. Nous apercevons un emplacement qui pourrait convenir mais la pente pour y accéder et en sortir est un peu raide. Nous continuons en espérant trouver plus loin. Nous roulons en tenant bien notre droite sur une petit bande d'arrêt d'urgence tout en faisant attention de ne pas toucher la glissière de sécurité. La glissière se terminant je me rabats encore plus à droite. Nous entendons une voiture arriver derrière nous mais nous sommes confiants. Il n'y a personne en face. Je ne regarde même pas dans le rétroviseur. UN BRUIT - UN CHOC - NOUS NOUS ENVOLONS LITTERALEMENT. L'arrivée au sol est brutale. Sous la poussée nous chutons du tandem. La remorque restée attachée se retrouve curieusement sur notre coté gauche.  Tombés sur le coté nous faisons des efforts pour nous relever. Nous ne paraissons pas blessés. Seulement des égratignures au genou droit pour moi. Bernadette est contusionnée au sein droit et à la cuisse. Elle est tombée sur des pierres et n'a pu bien se retenir à cause de son bras plâtré. Relevés nous voyons la voiture tamponneuse. C'est une R18 de laquelle sort péniblement un couple de personnes octogénaires. Ce sont des espagnols. Ils arrivent doucement vers nous. Ils nous parlent mais nous ne comprenons pas. sans doute nous demandent ils si nous sommes blessés. En tous cas s'ils sont désolés ils le sont moins que nous. Notre remorque est complètement emboutie et déformée. Le couvercle ne tient plus. La caisse est de travers. le tiroir à l'arrière ne peut plus être ouvert. L'axe de la roue gauche est faussé. La flèche est tordue à l'équerre juste devant les renforts. Je regarde tout cela les larmes aux yeux. La roue avant droite de la voiture est crevée (l'axe de la roue gauche de la remorque a déchiré le pneu). Les espagnols ne peuvent pas repartir (c'est sans doute ce qu'ils auraient fait si le pneu n'était pas crevé). Des voitures s'arrêtent. De l'une d'elle descend un français (il a vu sur l'arrière de la remorque Nantes. Il y est né)Il vient à notre aide. Nous lui disons vouloir faire un constat avec la police Bernadette souffrant à la poitrine. La police locale arrivée les première constatations démontrent que le conducteur de la voiture n'était pas maître de son véhicule. Avec l'aide du français et de la police un plateau vient chercher la remorque et le tandem.  Bernadette est emmenée dans un dispensaire pour y subir des examens radiographiques. je pars au commissariat avec le véhicule de dépannage et notre matériel.
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  • Au retour de Bernadette nous sommes rassurés. rien de cassé seulement de grosses contusions. Nous attendons dans le hall du commissariat l'arrivée de la Guardia Civil qui est seule habilitée à dresser le procès verbal. Le cantonnement de celle-ci est situé à une trentaine de kilomètres. Les fonctionnaires arrivent trois quarts d'heure plus tard. Après un croquis rapide on nous annonce que faute d'assurance pour le tandem, bien que nous soyons dans nos droits, il nous faut faire appel à un avocat de notre pays pour nous représenter auprès du juge. Nous remettons à quelques jours notre réponse. Pour rejoindre le camping de Mazarron Buelnovo distant de six kilomètres la police met à notre disposition un fourgon. Devant notre désarroi des campeurs viennent nous aider à monter la tente. Nous n'avons pas mangé de la journée (sauf le petit déjeuner) mais nous n'avons pas faim. Nous acceptions cependant des oranges qui nous sont offertes.

Nota : lors de son passage au dispensaire de Mazarron Bernadette accompagnée du policier n'a pas eu à attendre mais elle a constaté que l'établissement était d'un autre âge. Les personnels soignants n'ont pas de blouses et leurs vêtements ne sont pas exempts de tâches.  Une infirmière, peut être surchargée ou en fin de service, lui a fait une piqûre entre deux portes.  La table de consultation en sky n'était pas recouverte (ni drap ou drap). Le technicien responsable des radiographies était on ne peut plus désagréable.


  • Nous restons 11 jours à Mazarron Buelnovo, le temps de réparer la remorque et de nous remettre de nos émotions. Je suis aidé dans mes travaux par les campeurs qui prêtent des outils pour redresser et percer. Certains m'emmènent en voiture pour aller chercher des pièces (tôles, tiges d'acier, etc...). Armand et Ria Kronenburg un couple de hollandais, Michèle et Charles, deux français ont été particulièrement gentils.

Bernadette fatiguée de son plâtre me demande de lui enlever. Elle sent soudain son bras tout léger. Il faudra maintenant faire attention.


  • 14 janvier - Nous quittons Mazarron Buelnova pour Aguilas

Après une séance de photos avec les gens qui ont été sympathiques nous enfourchons le tandem. Nous faisons bonne figure mais la forme n'est pas au rendez-vous. Dès les premiers kilomètres nous avons le vent de face et des montées. En passant à l'endroit ou nous avons eu l'accident nous réalisons la chance que nous avons eu de ne pas être blessés ou tués.
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  • Ceux qui nous ont dit que la route d'Aguilas ne présentait pas de réelles difficultés ne l'ont jamais faite à vélo. Vers le 25ème kilomètre nous sommes obligés de mettre pied à terre et de pousser. Voyant que nous n'arriverons pas à Aguilas ce soir nous faisons un camping sauvage. Nous sommes en pleine montagne et nous n'avons pas l'électricité pour le chauffage. Nous mettons sur nos duvets les couvertures polaire et de survie.
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  • La nuit a été froide mais blottis l'un contre l'autre nous nous sommes réchauffés mutuellement.


  • A Aguilas nous cherchons un hôtel ou une pension à un prix raisonnable mais nous n'en trouvons pas. Nous allons au camping qui se trouve à la sortie de la ville. Toutes les places confortables sont prises par les gens qui viennent pour de longs séjours. Près de la route c'est bruyant mais nous n'avons pas le choix. Dans le camping se trouvent un certain nombre de français. Par curiosité ou amabilité ils viennent nous voir et discuter avec nous.

Le bras de Bernadette lui fait mal suite aux efforts fournis dans la montagne. Nous devons rester quelques jours sans rouler. La carte ne nous promet pas de terrain plat jusqu'à Algeciras. Les températures nocturnes sont très basses (nous avons le chauffage) mais celles de la journée ne sont guère élevées. Après discussion nous envisageons de nous faire transporter jusqu'à Gibraltar soit par un camion, soit par un fourgon. Sur une station service je trouve un jeune homme qui a un minibus. Je lui offre 250 € pour nous emmener. C'est convenu mais lorsqu'il vient pour nous prendre il demande une majoration de 100 €. Ayant compris qu'il n'est pas espagnol mais bulgare je me méfie. Je ne donne pas suite.


  • Le lendemain je vais dans une agence de location. On me loue un fourgon mais je ne peux pas le laisser à Algéciras. Il me faut le ramener à Aguilas. Nous allons en bus à Alméria pour avoir la même réponse ou alors les prix s'envolent.

Nous en sommes à nous poser la question d'un départ à tandem lorsqu'un voisin de camping nous propose de venir avec nous jusqu'à Algéciras et de ramener le fourgon. Nous trouvons la proposition sympathique et bien sûr nous disons oui. Je vais avec Jean Guyot à l'agence de location d'Aguilas qui fait le meilleur prix. Nous y faisons les formalités.


  • Le jour suivant nous partons à 11 heures. Monique la femme de Jean aurait aimé nous accompagner mais hélas seuls trois sièges sont disponibles.

La neige qui menaçait depuis ce matin tombe maintenant à gros flocons. Heureusement elle ne tient pas. Nous arrivons à Algécirasà la nuit. Nous trouvons un hôtel convenable. Nous dînons au restaurant et nous nous couchons sans tarder.


  • 28 janvier - 4 heures - J'accompagne Jean jusqu'au fourgon. La température frôle le zéro.

Après le petit déjeuner le réceptionniste de l'hôtel dit vendre des billets pour la traversée (en insistant sur le fait que je ne les paierais pas plus cher qu'en agence). Je passe commande. La facture pour nous deux et le matériel s'élève à 113 €.


  • A 11 heures Jean téléphone pour dire qu'il vient d'arriver et qu'il a rendu le fourgon à l'agence. Son trajet retour s'est effectué sans problème malgré des bourrasques de neige dans la Sierra Nevada. Je le remercie encore pour son aide.

Vers midi, installés dans l'une des cafétéria du ferry nous attendons le départ. Près de nous le Rocher de Gilbraltar
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  • La traversée dure 3 heures. La sortie se fait plus facilement pour nous que pour les camions et voitures.


  • L'ESPAGNE NE NOUS A PAS PORTE CHANCE. NOUS N'EN GARDERONS PAS LE MEILLEUR SOUVENIR.


  • DE CE PAYS LA REGION TRAVERSEE QUI NOUS A SEMBLEE LA PLUS SYMPATHIQUE EST LA CATALOGNE
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