 Maroc 2 ans 2 mois 3 semaines - à tandem 1 200 kms - Voitures de location 10 000 kms environ - taxis collectifs 300 kms - Bus 750 kms - Trains 300 kms. |  |
| | -Ce n'est qu'à partir du moment ou nous posons les pieds sur la terre d'Afrique que pour nous le voyage continue vraiment.
Dès la sortie du port nous sommes assaillis de propositions de toutes sortes. Loin de nous agacer celles-ci nous amusent.
- Notre première préoccupation est de trouver un hôtel. Nous cherchons bêtement le long du port et au-delà sans rien trouver de bien. Nous finissons par nous laisser guider par un homme vers la médina. Nous y trouvons un établissement de qualité moyenne mais assez propre. Bien que Bernadette ait négocié nous savons que le prix est encore un peu majoré.
Alors que nous allons monter dans la chambre un couple de jeunes français, le sac sur le dos, quitte l'hôtel. Nous parlons quelques minutes . Ils ont fait plusieurs pays d'Afrique et rentrent chez eux à Clermont-Ferrand. Nous aurions aimé échanger des impressions mais hélas ils sont déjà en retard pour prendre le ferry à destination de l'Europe.
- La chambre n'est pas chauffée. Nous mettons en route notre petit chauffage électrique mais il suffit à peine à réchauffer l'air. La température à Tanger est aussi basse qu'en Espagne. Ce n'est rien évidemment par rapport au temps qu'il fait en France, neige et grand froid. Ces pensées ne nous réchauffent pas pour autant.
Bernadette donne 5 € à notre accompagnateur. Il semble déçu. Elle lui rappelle qu'au départ il n'était question que d'un ou deux €uros. Nous savons que par ailleurs il aura sa commission par l'hôtel.
- Nous allons dîner dans la médina. Le couscous n'est pas terrible. Nous regrettons nos 120 dirhams.
Vendredi, jour de prière, la médina est calme. Nous ne sortons pas de la matinée.
- Nous sommes à déjeuner lorsque
Michèle et Pierrot Vaillant de Marzan dans le Morbihan (qui sont en camping-car) et que nous avons prévu de rencontrer à Tanger nous envoient un SMS. Ils seront là dans une heure. Les retrouvailles faites nous parlons de nos itinéraires respectifs. Comme ils envisagent de descendre au sud d'Agadir ils nous proposent de nous emmener avec eux dans leur camping-car jusque dans cette ville. Nous allons faire acheminer par un transporteur le tandem et la remorque. Le bras de Bernadette a encore besoin de repos. La proposition nous arrange. Pour préserver leur tranquillité et leur intimité nous emportons notre petite toile de tente.
- Descente de la Cote Marocaine
- Pendant la semaine qui suit nous descendons la cote marocaine. Nous visitons Asilah petite ville balnéaire aux rues propres (même dans la vieille ville). A Larache nous faisons quelques achats au marché de plein air local. A Méliah, le camping est vétuste. Nous regrettons d'y être arrivé tard sans quoi nous serions allés jusqu'à Salé près de Rabat ou nous nous arrêtons le lendemain pour une halte de deux jours. La casbah de Rabat ne nous semble pas exceptionnelle. Nous lui préférons les rues marchandes encombrées de la médina et ses petits restaurants. Pour rejoindre Rabat et en revenir nous apprécions la traversée de l'estuaire de la rivière qui vient se jeter dans l'Atlantique entre les deux villes.
Après Salé nous passons à Casablanca sans visiter la ville, capitale économique du pays. Nous nous arrêtons pour visiter La Grande Mosquée Hassan II mais hélas les visites sont terminées depuis une demi-heure. Nous continuons la route vers El Jadida ou nous arrivons en fin d'après-midi. Les installations du camping sont dans un état déplorable mais nous n'avons pas le choix. La ville n'est pas désagréable. Elle a un atout touristique intéressant dans la vieille citée portugaise. Le grand réservoir à arcades, découvert il y a seulement quelques années et qui date du XVème siècle.
- La route suivant la cote est assez pittoresque. Les paysages sont variés. Les cultures sont rares à cause de l'aridité. Les moutons et les chèvres broutent les maigres herbes. A Oualidiase trouve un restaurant
l'araignée gourmande. On peut y manger des fruits de mer. C'est copieux mais ce n'est pas très fin (un heureux Boulaouane nous aide à pousser le tout). A mesure que nous allons vers le sud nous sentons plus de chaleur tant atmosphérique qu'humaine. A Safi le camping qui ne fait pas l'objet de recommandations sur le guide du routard a heureusement fait l'objet d'une rénovation. Avant de repartir de cette ville nous faisons un tour au quartier des potiers. Nous y achetons un superbe plat de service pour couscous ou tajine que nous confions à nos amis pour le retour en France. A Essaouira nous allons à l'hôtel. La ville (ancienne Mogador)est balayée par le vent mais intra-muros celui-ci n'est plus perceptible. La spécialité artisanale est axée sur le travail du bois (racines de thuyas). De nombreux objets, de diverses dimensions, sont vendus dans les petites et grandes boutiques. Enfin, le 6 février nous arrivons à Agadir. Nous n'allons pas au camping mais louons un studio dans un hôtel-appartement. Le lendemain Michèle et Pierrot qui continuent vers le sud nous disent au revoir.
- Le dépôt du transporteur auquel nous avons confié notre matériel est à 10 kilomètres du centre ville. J'y vais seul. Comme la remorque est à peine chargée je reviens en roulant sur le tandem. Les gens me regardent avec curiosité et amusement.
Le bras de Bernadette se consolide doucement. Nous profitons de la douceur de l'hiver du sud marocain. Nous visitons les quelques curiosité d'Agadir. La ville détruite par le tremblement de terre de 1960 est récente. De l'époque antérieure ne subsistent que des pans de murs (casbah). Le souk reconstruit a retrouvé le désordre habituel de ce genre d'endroit. Une nouvelle médina suivant les plan d'un italien (Coco Polizzi) est une parfaite réussite sur le plan architectural, historique et culturel. De nombreux artisans de qualité y exercent leurs talents.
- Ne nous estimant pas dans la meilleure forme pour repartir sur les routes nous décidons de rester une année à Agadir. Les 300 jours d'ensoleillement sont aussi un facteur décisif. Nous trouvons très rapidement une maison meublée à moins de deux kilomètres du centre ville. Le loyer mensuel s'élève à 6000 dirhams soit 1500 de moins que nous coûte le studio. Par ailleurs, pour se voir délivrer une carte de résident il faut une adresse fixe. Disposant de trois chambres nous pourrons recevoir.
Installés nous prenons un certain rythme. Cela ne nous empêche pas de faire régulièrement du tandem dans les environs. Nous louons aussi des voitures pour aller visiter les villes des environs et profitons de la venue d'amis pour faire du tourisme plus loin vers Ouarzazate et Marrakech. Nous retournons plusieurs fois à Essaouira que nous aimons beaucoup.
Agadir
- Détruite par le tremblement de terre du 29 février 1960 Agadir est une ville neuve.La reconstruction a été effectuée hors des anciennes zones habitées. Le nombre d'habitants est décuplé et les nouveaux quartiers continuent à s'étendre.
On peut distinguer deux zones :
- la zone touristique qui va du port en longeant la plage jusqu'au Palais Royal. S'y trouvent la majorité des hôtels qui accueillent les touristes étrangers.
- la zone indigène laquelle s'étend du centre ville jusqu'aux collines au nord et à l'est puis vers la plaine du Sous (sud).
Sur le plan touristique Agadir est axée sur les plaisirs de la mer, plage, péche, jets skis... Des promenades à dos de dromadaires permettent un peu d'exotisme. Les plus intrépides partirons à quad dans les dunes.
- Taroudant (où Jacques Chirac vient souvent et est adulé) à 80 kilomètres vers l'est possède d'anciens remparts bien conservés (7 kms). La ville mérite un coup d'oeil sans toutefois avoir un cachet exceptionnel.
- Tafraoute à 107 kilomètres dans l'Anti-Atlas, petite ville de montagne est construite dans un environnement de roches de granit rose. A voir sous le soleil couchant.
- Tiznit à 90 kilomètres au sud, 20 000 habitants possède en sa vieille médina des artisans bijoutiers (qui travaillent surtout l'argent).
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| | | | | | | | | | Noël 2006 trop simple
Tout s'annonçait pourtant bien et nous espérions faire bombance. Hélas c'était sans compter sans la grippe venue nous cueillir dans le cours de la semaine du 17 au 24.
- Bernadette reste clouée au lit pendant trois jours. A peine a-t-elle repris pieds que je perds le gauche à cause d'une sérieuse crise due à une varice. Je trouve après de longues recherches des bas de contention qui me soulagent. Des gélules me sont prescrites. Elles devraient me guérir mais en prenant beaucoup de temps.
Les jours qui suivent voient effectivement une lente amélioration.
- Comment allons-nous passer le Jour de l'An ?
Jour de l'An 2007
- Pour le réveillon de la Saint Sylvestre nous allons chez des amis français qui habitent à une vingtaine de kilomètres d'Agadir. Un couple de résidents français vient nous chercher. Nous serons donc trois couples.
La soirée est agréable. Notre repas de réveillon après un apéritif commence par des tranches de foie gras. Le plat principal est quant à lui composé d'une choucroute. Celle-ci faite maison est excellente. Elle nous fait oublier que nous n'avons pas trouvé "dans les rayons dévalisés" de mets de bonne qualité. Cette razzia est le fait que le 1er janvier coïncide avec la fête musulmane de l'Aïd.
- Nous restons à dormir chez nos amis où nous entrons dans notre lit à plus de 3 heures 30. Le couple qui nous a amené rentre chez lui à Agadir. Ce n'est qu'à 10 heures 30 que nous mettons le pied à terre.
Nous déjeunons avec Jacques et Janine. Cette dernière nous ramène en fin d'après-midi à notre maison de Charaf.
- Ce jour de l'An est maintenant passé. Où serons-nous pour le prochain ?
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| | Marrakech - La ville rouge |
| | | | | | - Nous allons plusieurs fois à Marrakech avec des amis venus passer quelques jours chez nous à Agadir.
Cette ville aux multiples facettes et curiosités mérite que l'on s'y attarde. On ne peut citer tous les endroits visités mais certains parmi les plus connus sont des émerveillements.
- La Médina - entourée de ses hauts remparts est la citée des Almoravides fortifiée vers 1060. Elle renferme mille ruelles typiques et de somptueux riads. Il ne faut pas craindre de s'y promener (le risque de vol y est moins probable que dans nos grandes villes de France).
- Les souks - tous les métiers y sont représentés, tanneurs, teinturiers, apothicaires, ferblantiers, épiciers, ébénistes... Les objets des plus beaux et des plus soignés aux pacotilles sont vendus après d'opiniâtres marchandages, ce qui fait le charme de l'acquisition.
- Les places - la plus connue est sans contestation La Place Jemaa El Fna. Elle est inscrite au Patrimoine Universel de l'Unesco. S'y trouvent réunies les cultures arabes et berbères. Il faut y voir les conteurs, gesticulant au gré de leurs histoires, entourés d'oreilles attentives, faire durer l'attente et grandir la curiosité des auditeurs. Personne ne part avant la fin de l'histoire même s'il l'a déjà entendue (aucun conteur ne la raconte de la même façon). Les montreurs de serpents qui modulent les sons de leurs flûtes qui semblent charmer les reptiles. Ils s'amusent aussi à poser sur les épaules des touristes d'inoffensives couleuvres qui soulèvent des petits cris d'effroi. Bien sûr, si une photo est prise il faut laisser de la monnaie (marchander avant la photo). Il y a aussi les chariots à jus d'orange qui pour quelques dirhams servent de succulents jus d'orange fraîchement pressés. On oubliera pas de citer les marchands de fruits secs qui vendent dattes, figues et autres cerneaux de noix. Si la faim vous prend, une multitude de restaurants (de qualité moyenne) vous permettra de manger tajine et couscous. Important. La place vit à son plein rythme qu'à partir de 18 heures et cela jusqu'à plus de minuit. Venir avant risque de décevoir. Le temps passé sera entrecoupés par les appels à la prière émanant des nombreuses mosquées se trouvant dans les alentours.
- La Koutoubia - C'est la mosquée phare de Marrakech. Elle ne peut hélas être visitée mais seulement admirée de l'extérieur. Son minaret se projette à plus de 70 mètres de hauteur et fait la fierté des Marrakchis. Au cas ou l'on se perd c'est le meilleur point de ralliement. Tout le monde connaît la Koutoubia.
- Le Mellah - quartier juif - on y trouve les bijoutiers, les meilleures épices de Marrakech, des onguents... L'essentiel est d'y aller pour y trouver ce que l'on ne cherchait pas.
Parmi les autres curiosités il ne faut pas manquer :
- Le Palais de Bahia - construit de plain pied à cause du poids de son propriétaire qui ne pouvait monter les escaliers. A aussi été la résidence du Gouverneur Général du Maroc au temps du Protectorat (Lyautey). On peut y admirer de magnifiques plafonds en bois peints et de reposants jardins.
- Les tombeaux Saadiens - mausolée de la famille El Mansour. Ils s'érigent au milieu de jardins fleuris.
- D'autres Palais, Le Palais El Badi et celui de La Ménara, ne manquent pas d'intérêt.
- Le Jardin Majorelle - ancienne propriété d'Yves Saint Laurent et de Pierre Bergé offert à la ville. C'est un endroit luxuriant avec ses cactus, palmiers et flore rare? Son origine remonte au peintre Majorelle lequel aurait inventé un bleu qui porte aujourd'hui son nom. D'autres jardins, Le jardin du Harti et le Cyber Parc attirent aussi beaucoup de visiteurs.
Il n'est pas trop d'une semaine à Marrakech pour découvrir et aussi revoir.
Les marrakchis sont aimables toujours prêts à rendre service. |
| | | | Journées du 9 au 19 janvier 2007. Que du bonheur
- Mireille et Nicole, deux niçoises, rencontrées à Calcutta début 2004 viennent nous voir à Agadir.
Nous avons prévu de faire un tour vers Ouarzazate et plus loin encore jusqu'aux abords du désert avec l'intention de gravir des dunes de sable.
- Nous nous connaissons peu mais le contact est vite amical.
Ce n'est qu'après une journée d'acclimatation à Agadir puis deux journées à Essaouira, Tafraoute, Tiznit que nous prenons la route de Ouarzazate. Pour l'occasion nous louons une voiture.
- A Taroudant nous faisons halte pour un tour des remparts en calèche. Nous entrons aussi dans une boutique renommée pour l'achat de divers colorants souhaités par Nicole.
A mi-chemin entre Taroudant et Ouarzazate nous nous arrêtons dans la petite ville de Taliouine spécialisée dans la production de safran. Nous recommandons à ceux qui voudraient acheter cette épice de s'adresser plutôt à la coopérative. En effet, de nombreux revendeurs (peu scrupuleux) vendent de parfaites imitations qui hélas n'ont aucun goût.
- Après une nuit de repos à Ouarzazate nous filons vers les vallées du Dadès et du Todra. Nous sommes émerveillées des paysages. Une nuit à Tinerhir chez le sympathique Assia qui en plus de tenir un hôtel (simple mais propre) nous remet de notre fatigue. Au lever du soleil nous prenons le petit déjeuner en terrasse. La température fraîche tout d'abord s'élève rapidement.
Notre route nous mène ensuite à Er Rachidia une ville sans grand intérêt touristique mais où commence la vallée du Ziz. Au fond de celle-ci coule un oued qui arrose une longue palmeraie. Nous nous arrêtons à la Source Bleue de Meski (domestiquée et payante). Le prix d'accès donne droit à un succulent thé à la menthe et aux indications d'un bédouin du lieu. Un camping aménagé permet aux camping caristes de s'arrêter agréablement pendant une ou plusieurs journées.
- A Erfoud ancienne ville de garnison française, nous prenons la direction de Merzouga (la piste est devenue route goudronnée depuis deux ans). Aux abords de la ville le soleil commence sa descente vers l'horizon et les dunes que nous apercevons deviennent dorées. La recherche d'un endroit pour dormir (et l'assaut des dizaines de rabatteurs d'hôtel) ne nous laisse pas assez de temps pour les photographies. Seuls quelques clichés faits à la va vite nous laisseront un souvenir inoubliable de cette fin de journée.
Nous trouvons par nous-mêmes (et par les guides routard et Michelin) l'hôtel qui nous convient. Le Petit Prince, au pied des dunes avec un calme presque déconcertant nous donne satisfaction tant sur le plan du confort que du prix. Après le dépôt de nos valises et sacs dans les chambres nous allons nous réchauffer dans la salle de restaurant (la température avec le coucher du soleil est tombée rapidement). Mohamed l'un des jeunes qui travaille à l'hôtel (c'est apparemment une affaire de famille) vient nous tenir compagnie. Il nous donne aussi de précieuses indications sur les endroits à visiter et comment s'y rendre. En soirée, peu après le repas, (nous sommes les seuls à dîner, se trouvent aussi à l'hôtel deux australiennes mais qui dînent dans leur chambre) Mohamed et trois autres jeunes viennent nous jouer de la musique berbère. Nous passons un moment très agréable.
- Dès 7 heures Nicole, Mireille et Daniel partent à l'assaut des dunes. Le soleil n'est pas encore levé mais ils l'attendent en traînant un peu les pieds dans le sable. Lentement ils voient l'astre dépasser les crêtes de dunes. Ils font des clichés mais cela ne remplit pas totalement leurs espérances.
Après un petit déjeuner pris dehors, près des chambres, (le soleil maintenant bien haut nous pénètre le corps à travers nos vêtements), nous quittons à regret cet endroit calme et magnifique.
- La route qui nous mène à Zagora est longue (près de 400 kms). Les paysages se succèdent, tantôt ce sont des ergs plats et pierreux, d'autres fois des routes sinueuses à travers les montagnes aux couleurs noires. Lorsque nous abordons la Vallée du Drâa celle-ci s'élargit. Une longue palmeraie (souvent de plusieurs kilomètres de large) bordée de villages en pisé retient notre attention. C'est sans hâte que nous arrivons alors à Zagora.
Les guides nous disent du bien de l'hôtel La Fibule du Drâa. Le cadre, il est vrai, est sympathique mais l'ensemble est un peu fatigué (peintures défraîchies et robinetteries quelque peu déficientes). Le prix relativement correct et la demi pension (hormis le petit déjeuner, pain dur et peu appétissant) rachètent un peu ces petits défauts.
- Bernadette souffrant depuis deux jours d'un mauvais refroidissement nous décidons de ne pas descendre au-delà des Dunes de Tinfou. Ces dunes se trouvent curieusement isolées à plusieurs dizaines de kilomètres du désert. Quelques tentes de nomades (qui offrent des promenades à dos de dromadaires) et un hôtel ferment le paysage. Mireille et Daniel montent jusqu'au sommet de l'une des dunes.
A Tamegroute sur le chemin du retour vers Zagora nous visitons la Bibliothèque Coranique. De nombreux manuscrits anciens (en arabe) sont exposés. Les explications du guide sont précieuses. Sa culture arabo-musulmane ne l'empêche pas de bien connaître celle de l'occident.
- En fin d'après-midi nous sommes de retour à Ouarzazate. La nuit de samedi à dimanche passée à l'hôtel Ibis nous ayant laissé un souvenir trop peu exotique nous descendons à l'Hôtel Restaurant de la Vallée. C'est un établissement moyen mais il tient les promesses énumérées dans les guides. Les appréciations concernant la restauration mériteraient d'être revues en qualité, ce service nous ayant donné satisfaction.
Malgré la fraîcheur matinale nous prenons le petit déjeuner à l'extérieur, près de la piscine. Là encore la magie du soleil réchauffe vite l'atmosphère.
- Avant de quitter Ouarzazate nous faisons quelques photos de la ville, notamment de la kasbah et de la médina qui la jouxte. Nous signalons aussi l'ensemble artisanal qui présente de superbes objets typiques de la région remarquablement réalisés.
Il est déjà midi lorsque nous quittons Ouarzazate. C'est presque à regret que nous reprenons la route vers Agadir.
- La dernière journée de Mireille et Nicole en notre compagnie se passe en visite de la Médina Coco Polizzi laquelle est une réussite totale sur le plan architectural. Après un déjeuner au Ryad-restaurant nous passons plusieurs heures en visite des lieux et des artisans qui y tiennent échoppes.
Hélas, hélas, le temps nous a paru si court qu'il nous faut déjà nous dire au revoir.
Nous veillons jusqu'à près de minuit échangeant tous les plaisirs que nous avons connus ensemble pendant ces dix journées. Une courte nuit de quatre heures puis c'est le départ pour l'aéroport où Mireille et Nicole sont accompagnées par Daniel. Même si nous ne sortons pas les mouchoirs l'émotion est réelle.
- Au revoir car nous espérons bien nous revoir en d'autres lieux
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- Le 28 février nous quittons Agadir. Nous n'allons pas loin puisque nous nous arrêtons à Tamaraght chez nous amis Jacques et Janine. Après une journée chez eux nous reprenons la route. En cours de route nous avons la surprise de les voir sur notre chemin, en compagnie de Jeanne et Philippe, un autre couple de français, lorsqu'ils viennent nous faire un petit coucou. Le soir à Tamri où nous trouvons un hôtel ils viennent aussi nous dire au revoir. Ils nous apportent des toasts et du cidre bouché et restent avec nous pour dîner. Belle journée. Ajoutons toutefois que les difficultés ne nous ont pas été épargnées sur la route laquelle n'est faite que de montées, faux-plats...
La panne
Nos jambes du haut en bas se souvenant des efforts fournis hier nous demandons au patron de l'hôtel s'il peut nous transporter de l'autre coté des cols qui se trouvent sur notre étape du jour. Nous savons pour avoir fait le trajet plusieurs fois en voiture quelles seraient nos difficultés. Il nous est proposé de poser notre matériel sur le pick-up dont il dispose. Son chauffeur et son neveu nous accompagnent. En haut du dernier lacet nous remontons sur notre tandem. Les montées et les descentes se succèdent à nouveau. Notre entraînement n'étant pas au top nous descendons plusieurs fois pour pousser.
A midi nous dégustons (froides) les pâtes que nous a préparée Janine. Le Coca-Cola bu en même temps nous permet de repartir dans de meilleures conditions. Vers 15 heures 30, alors que nous sommes à 13 kilomètres de Tamanar la chaîne se bloque au niveau des pignons. Après bien du mal je réussis à la remettre en place mais c'est pour m'apercevoir que la roue libre bloquée est devenue un pignon fixe. Nous téléphonons à Jacques mais il ne semble pas immédiatement disponible. Lorsqu'il appelle nous convenons qu'il viendra demain pour nous emmener à Essaouira. Avant que la nuit soit totalement tombée nous nous installons en camping sauvage.
- Jacques l'Ami sur lequel on sait pouvoir compter
- Nous sommes à ranger nos affaires lorsque Jacques arrive (j'ai placé le tandem sur le bord de la route comme point de repère). Le matériel chargé (la remorque dans le Peugeot Partner et le tandem sur la galerie), nous prenons la direction d'Essaouira. Aux environs de midi nous y sommes. A l'hôtel nous prenons une douche bienfaitrice puis nous allons déjeuner tous les trois au Sofitel. Jacques reparti nous prenons du repos. Ouf... l'affaire s'est bien terminée, grâce à toi cher Jacques.
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- Durs que ces quatre jours de progression entre Essaouira et Safi
Dès les premiers coups de pédales nous comprenons que le vent serait notre pire ennemi. Si la route jamais plate ne nous effraient pas ce sont les rafales de vent en continu à 50 kms/heure qui passent parfois à 70 kms/heure qui nous hantent. Notre vitesse déjà réduite à 6 kms/heure baisse sous ces coups de butoir encore de 2 kms.
- Notre espoir de faire la distance entre les deux villes en trois jours maximum n'est vite qu'un souvenir. Sans hôtel ni camping trois nuitées en camping sauvage, camouflés au mieux des yeux indiscrets, sont nécessaires. Le soir c'est la valse des lingettes devenues rapidement noires à cause de la poussière et des fumées des véhicules.
Nos provisions de bouche emportées d'Essaouira (surtout la boisson) nous font un moment défaut. Des camping caristes arrêtés sur le bord de la route nous donnent timidement, comme à regret, trois bouteilles d'eau. Pour le reste nous arrivons à trouver dans les minuscules échoppes du bord de la route quelques victuailles. Difficiles s'abstenir...
- Notre lente progression ne nous permet pas d'admirer les paysages souvent superbes que nous longions. Têtes baissées sur les guidons, espérant ainsi mieux fendre le vent, nous font certainement manquer des vues essentielles. Parfois pourtant, à l'occasion d'une halte pour nous reposer où lors d'un grimper à pieds (en poussant notre attelage) nous apercevons la mer avec ses plages (vides) ou ses rochers sur lesquels viennent se briser les vagues dans de grands déferlements d'écume.
- D'autres scènes de vie semblant sortir des âges sont captées par nos esprits laminés par les efforts. Sur les bords de routes se trouvent souvent des bergers avec brebis et chèvres. La pâture est maigre mais les animaux savent trouver le moindre morceau à brouter. Les patres vêtus de la djellabah pour la plupart, l'air éteint, nous saluent que si nous faisons en premier un geste. Dans les champs caillouteux des hommes éraflent le sol de leurs araires tirées par une mule, un âne parfois d'un dromadaire. Enfin, les enfants, attirés par notre matériel mais surtout par ce qu'ils espèrent que nous allons leur donner nous talonnent parfois sur plusieurs centaines de mètres (ce qui n'est pas difficile vu notre lente progression). A contre coeur, nous sommes parfois obligés de hausser la voix.
Grosses difficultés aussi sur cette route côtière tellement la chaussée est par endroits défoncée (sur plus de 15 kms). Des nids de poules tout d'abord puis ce sera pendant plusieurs kilomètres l'absence de tout bitume. Ceci, bien entendu, dans les tronçons les plus difficiles (même dans le cas d'une chaussée parfaite).
- Avant Safi, sur plus de 3 kms, se trouvent des usines de phosphate. Bien avant de les voir les odeurs qu'elles génèrent nous pénètrent nos poumons. Nous pouvons aussi voir lorsque nous en approchons de grosses canalisations déverser dans l'océan les résidus de nettoyage du minerai. Les eaux du bord de mer, sur plusieurs kilomètres sont sur une bande de plusieurs centaines de mètres de la couleur marron clair des boues rejetées.
A l'entrée de Safi nous demandons plusieurs fois pour rejoindre le camping (où nous avons séjourné une nuit, début 2005). Les renseignements sont fantaisistes. Après quelques hésitations nous trouvons confirmation de l'endroit. Les ventres creux nous nous arrêtons dans un restaurant rapide pour nous refaire des forces. Bien nous en prend car avant d'arriver une dernière épreuve nous attend. Il nous faut grimper (à pieds et en poussant) pendant 800 mètres de forte dénivellation.
- Le campement monté, douchés, la fatigue qui n'attend sans doute que cela nous tombe dessus. Nous prenons quand même le courage d'aller dîner au restaurant du camping (un couscous). Est-ce trop copieux ou n'avons nous plus faim, nous en laissons une partie.
Cette nuit du 10 au 11 mars est meilleure que les précédentes. C'est dimanche nous faisons la grasse matinée. |
| | Safi
- La ville de Safi ne présente guère d'intérêt. La médina exclusivement destinée à l'habitation n'a pas comme dans d'autres villes marocaines l'attrait que génèrent les petits commerces quant à la ville nouvelle aux boulevards et rues (plus sales que propres) elle est aussi sans charme.
Où nous décidons (à contrecoeur) de remonter vers Tanger autrement qu'à tandem.
Après étude des différentes possibilités que nous pourrions avoir en remontant la cote Atlantique à tandem nous sommes obligés de constater que peu d'endroits sont propices à camper (voire à loger en hôtel). Les étapes seraient longues, pas moins de 80 kms par endroits. Les difficultés de la route auxquelles s'ajoute le vent de face ne nous permettraient pas de faire d'aussi longues distances.
- Après une journée de repos au camping nous descendons à la gare de chemin de fer. La ligne qui mène vers le nord n'est pas directe faisant des incursions vers l'est à diverses reprises allongeant de ce fait le temps de transport. Nous ne retenons pas cette formule.
Les transports de messageries Carré, correspondant des chemins de fer (ONCF) pouvant transporter et conserver en attente à Tanger nos matériels nous leur donnons à acheminer ceux-ci. L'enlèvement aura lieu le jeudi 15 mars.
- Le 14 mars une grève des transports publics par bus et grands taxis est déclenchée sur tout le Maroc pour protester contre les conditions de travail des conducteurs mais aussi pour demander la révision des nouvelles mesures relatives aux conséquences d'accidents, responsabilité engagée ou non (peine de prison et amendes infligées aux chauffeurs et non aux employeurs). Nous sommes contraints d'annuler notre départ et donc de conserver notre matériel.
Nous quittons Safi le 10 mars après avoir confié notre tandem et la remorque aux Transports Carré (le correspondant des chemins de fer marocains).
- Nous louons un grand taxi, pour nous seuls, à destination de Oualidia. Nous prenons une chambre à l'hôtel restaurant l'Araignée gourmande. L'étape est sans grand intérêt. La ville, petite station balnéaire, est en plein essor (nombreuses constructions). En hiver elle est surtout appréciée par les camping caristes pour ses restaurants de poissons et de fruits de mer.
Pendant ces deux journées passées à Oualidia le ciel est chargé de nuages poussés par un vent fort. Il fait froid. Nous ne regrettons pas d'avoir délaissé quelques instants notre tandem. |
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- Nous arrivons vers 12 heures 30 en ce 21 mars 2007, par taxi collectif, à El Jadida. Nous sommes surpris par la grandeur de la ville que nous avions fait que frôler début février 2005 lorsque nous descendions vers Agadir.
Après installation dans un petit hôtel, ancien mais propre, du centre ville historique, nous déjeunons.
- Alors que nous commençons à nous promener nous sommes abordés par un jeune noir qui par gestes nous fait comprendre qu'il a faim. Devant les nombreuses sollicitations dont nous faisons l'objet nous ne donnons rien au jeune homme. Après une cinquantaine de mètres Bernadette me dit regretter notre attitude. Pris de remords nous revenons en arrière. Nous voyons notre quémandeur aller de snack en petits restaurants dans l'espoir d'un morceau de pain ou de quelque autre chose. D'un signe je l'appelle. Nous comprenons rapidement que nous n'avons pas à faire à un marocain mais à un jeune ghanéen (qui s'exprime en anglais). Il est sans doute clandestin et crève à l'évidence de faim. Nous lui donnons 40 dirhams ce qui devrait lui permettre de faire un ou deux vrais repas. Nous avons en contrepartie trois "thank you". Nous reprenons notre promenade avec les coeurs plus légers.
Nous pensons rester quelques jours pour mieux visiter la ville. Deux jours nous suffisent amplement pour voir ou revoir El Jadida. Les rues pittoresques et animées de la médina, la cité portugaise ainsi que la promenade du bord de mer nous apportent le plaisir espéré. |
| | | - Trajet El Jadida > Casablanca
- Nous choisissons pour cette étape de prendre le bus.
Dès notre arrivée à la gare routière d'El Jadida nous montons dans un bus. Il nous est demandé pour le trajet (2 places) 40 dh (3,80 €). Le départ se fait quelques minutes après.
- Le véhicule est ancien (sans doute serait-il interdit de rouler dans un pays développé). Les sièges, très rapprochés, sont usés, les accoudoirs sont déchirés et certains rideaux sont troués. Seule concession à la sécurité, tous les passagers sont assis même si sur la banquette arrière on se trouve très serré.
Peu après le départ, les portes étant fermées, les fenêtres coulissantes soigneusement bloquées, la chaleur aidant, les odeurs corporelles planent dans le bus. Un instant, je vois Bernadette se mettre le nez dans son col. Je pense qu'elle exagère car l'air n'est pas vicié à ce points. Je vais lui faire part de mon étonnement lorsque mes narines sont à leur tour touchées par un extrait de parfum de pet. Ce dernier est si concentré que j'imite Bernadette et filtre à mon tour l'air à travers un mouchoir. Curieusement les autres passagers restent stoïques...
- Pendant le trajet nous pouvons constater que la végétation et les cultures sont plus riches que dans le sud ceci sans doute dû à la terre arable plus riche et moins pierreuse. Des étendues de plusieurs hectares de blé. Des cultures vivrières de moindres dimensions sont aussi ensemencées ou piquées. Les villes et villages dont l'architecture reste semblable sont à l'évidence plus riches.
Nous roulons plus de 2 heures pour faire environ 100 kilomètres. Le conducteur est à l'évidence prudent (prudence sans doute générée par les nouvelles dispositions sur les sanctions infligées aux conducteurs en cas d'accident). Si les doublements sur les lignes blanches continues sont moins fréquents le chauffeur conserve quand même la mauvaise habitude de débrayer dans les descentes (laissant le moteur au ralenti) pour une éventuelle économie de carburant.
- Après avoir quitté (à pieds) la gare routière de Casablanca nous déjeunons dans un snack (d'un couscous, nous sommes vendredi). Nous cherchons ensuite longuement un hôtel finissant par nous faire transporter à l'hôtel Ibis qui se trouve près de la gare ONCF.
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- Nous pensions rester 3 ou 4 jours à Casablanca mais nous repartirons après deux nuits.
La visite de la ville dans plusieurs sens nous laisse une très mauvaise impression. Tous les quartiers sont sales (même le centre ville), des odeurs d'urine montent de tous les coins et les immeubles sont sans entretien. Les boulevards encombrés de véhicules résonnent des bruits de klaxons que les conducteurs actionnent sans trop de raison. Un tour dans la vieille médina (seulement dans les quartiers marchands) nous apporte quelque satisfaction. Vraiment Casablanca n'est pas une ville pour y faire du tourisme.
- Le seul édifice qui draine les curieux est la grande mosquée Hassan II. Nous allons donc en faire la visite. Nous réglons 240 dh pour nous deux (à la sortie nous voyons sur le dépliant que nous aurions dû, en tant que résidents au Maroc, payer que 120 dh). La mosquée qui fait la fierté des casablancais est certes imposante mais à la sortie nous avons un sentiment de frustration. Hormis la hauteur du minaret qui en fait le plus grand du monde musulman nous avons l'impression d'avoir déjà vu mieux et plus beau, notamment à Istanbul.
De retour à l'hôtel nous décidons de prendre des billets de train (en 1ère classe) à destination de Meknès. Nous quitterons Casablanca demain à 12 heures 15 sans regret. |
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- Après les plaines du littoral le train monte doucement dans le Moyen Atlas. Pendant quelques kilomètres c'est à nouveau l'aridité qui prédomine. Plus ou moins près de la voie la route serpente. Parfois elle s'en éloigne vraiment pour rejoindre de petits villages puis elle revient. Lorsque nous arrivons sur les plateaux de l'Atlas aux vallonnements doux ce sont des cultures. De près comme de loin les couleurs des parcelles changent. Cela va du marron, couleur terre labourée, au vert des blés pas encore murs puis c'est le jaune des fleurs de colza. Au détour d'une petite crête se montre un minuscule cimetière musulman aux tombes blanchies à la chaux. De temps à autre sur les collines qui bordent les vaux nous apercevons des villages au centre desquels s'élèvent les minarets des mosquées. Quelquefois un rayon de soleil miroite dans un oued. Des fossés et des rigoles approvisionnent en eau les champs qui se trouvent en contrebas. Près des fermes isolées aux murs blanchis, aux terrasses encombrées de linges qui sèchent, travaillent des hommes et des femmes. L'image d'un homme monté sur un âne et allant sur une piste passe devant nous, le train nous la cachant aussi vite qu'elle nous l'a montrée.
Les faubourgs de Meknès ressemblent à ceux des autres villes mais ils semblent pourtant moins sales.
- Le train arrêté nous descendons. Aucune indication, ni sur les quais, ni dans ou à l'extérieur de la gare ne nous confirme que nous sommes dans la bonne ville. Un passant questionné nous rassure. Après avoir un peu cherché nous trouvons un hôtel convenable.
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- En ce premier jour à Meknès nous nous promenons un peu au hasard des rues des médinas. Nous longeons aussi longuement les murailles de la ville. Nous ne trouvons rien de bien significatif.
Nous déjeunons dans un snack situé sur la grande place près des médinas. Pendant notre repas nous remarquons que de nombreuses personnes mendient. Certains et certaines semblent être des professionnels mais il y a aussi des petits vieux et vieilles qui n'osent pas tendre leurs mains. Lorsque des clients quittent les tables et n'ont pas terminé leurs assiettes une nuée de jeunes (souvent des petits cireurs de chaussures) viennent manger frites et autres restes. Une petite vieille n'a pas le temps d'approcher que tout est vide. Elle vient près d'un jeune couple de marocains placé à coté de nous (elle n'ose pas visiblement nous aborder) et demande à la jeune femme de tremper un morceau de pain dans la sauce de son assiette de tajine. La jeune marocaine lui donne ce qui lui est demandé mais n'ajoute rien de solide alors que son assiette est encore bien garnie. Bernadette donne l'équivalent d'un pain rond à deux enfants. Nous terminons notre repas sous un vent soudain violent. Il est immédiatement suivi d'une pluie faite de grosses gouttes. Nous décidons de rentrer à l'hôtel. Le reste de la journée reste pluvieux. |
| | - Meknès. Il pleut et il fait froid. Nous en sommes à regretter (déjà) le soleil d'Agadir.
En fin de matinée nous visitons un musée dans lequel on peut voir et apprécier des objets de la vie courante au Maroc au cours des siècles, cuivres et poteries (sous toutes leurs formes) vêtements, bijoux etc... La pluie tombant par giboulées parfois violentes nous empêche de continuer notre balade. Après avoir déjeuné dans un petit restaurant nous rentrons à notre hôtel.
- Meknès ville de contrastes sociaux
Sur le chemin du retour nous observons encore aujourd'hui les différences sociales. Sur les boulevards déambulent des jeunes de bonnes familles qui vont à leurs cours (le plus souvent privés). Ils et elles sont bien vêtus, les joues bien pleines, des sourires sur les lèvres. Leurs discussions vont bon train et l'on devine leur insouciance du jour et celle du lendemain. D'autres rencontres rendent tristes. Des vieux et vieilles qui traînent la savate et qui n'ont pour horizon que le quignon de pain que l'on voudra bien leur donner ou encore ce qu'ils trouveront dans les poubelles avant d'aller cacher leur misère dans un angle de porte ou l'avancée d'une maison pour s'y protéger de la pluie. L'image la plus désolante de ce jour est cet homme d'environ 25 ans qui faute de chaussures (et sans doute d'esprit), marche avec ses chaussettes trouées sur les trottoirs mouillés. Lorsqu'il nous dépasse une odeur d'excréments nous monte au nez. Une grosse tâche noire s'étale sur le fond de son pantalon. Il s'est souillé. L'a-t-il fait exprès ou n'a-t-il pas eu d'endroit pour libérer son envie ? |
| | - Après une journée de repos forcé à cause d'une gastro entérite qui a gênée Bernadette toute la journée nous sortons à nouveau en ville (sous la pluie).
Nous visitons le Musée Dar Jamal près de la médina. Les objets exposés sont intéressants (cuivres travaillés, bijoux etc...). La bâtisse est aussi remarquable, salles, bois sculptés, mosaïques, jardin...
- Nous sommes aussi amusés par les conteurs d'histoires sur la place Lahdime ainsi que par les bonimenteurs vantant les produits miracles guérissant tout et rien. Des acrobates exercent aussi leur art devant une foule placée en cercle. L'ambiance est typique. Elle ressemble en moins animée, sans doute compte tenu de la surface à ce que nous avons connu à Marrakech sur la place Djeema El Fna.
Dernière journée à Meknès. Nous faisons un dernier tour en ville en passant dans des quartiers hors des grands boulevards.
- De retour sur la place Lahdine nous prenons un verre. Nous sommes un instant amusé par une remorque à bras qui porte une immatriculation parisienne.
C'est pas possible môssieur.
Avant de rentrer à l'hôtel (il est alors 16 heures 45) nous passons à la gare avec l'intention d'acheter nos billets de train pour aller à Fès demain. Au guichet le préposé me dit c'est pas possible môssieur les horaires changent demain et nous ne les avons pas aujourd'hui. Faut revenir demain matin. Nous remettons notre achat à demain... |
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